2016 – Mise en route pour le Grand Voyage

Avant de commencer la lecture ce cette année 2016, voici un rapide résumé. Cette année est l’aboutissement de 2 années bien remplies de préparation du voyage et du bateau. Toutes les validations des travaux ont pu être menées, le carénage a été le point final avant départ. Tout est prêt, et hop le grand saut dans le voyage et la transat… et depuis nous voguons, voguons, voguons où les humeurs nous mènent (enfin, presque car on souhaite tout de même avancer vers notre objectif : la grande boucle…).

29 Décembre 2016 : Avarie du groupe électrogène, limite « la correctionnelle ». Voyez plutôt dans l’onglet Avaries

17 Décembre 2016 : De temps en temps il faut nettoyer la coque, aussi une fiche vient d’être insérée dans les fiches pratiques ici

Merci à vous tous qui nous soutenez, aidez ou simplement nous faites signe. Nous ne vendons pas de rêve, simplement nous « Osons devenir ce que nous sommes » (Citation qui n’est pas de nous…) -pour l’avoir en version complète, faites nous un mail…-

 4 Novembre 2016  : Nous éditons une « news letter » dénommée « Barbade » : Cliquez ici !!!!

2 Novembre 2016 : Nous revoilà sur les ondes. Après une longue avarie de notre site, il est de nouveau disponible. Ouf ! Il est parfois difficile à distance de régler ce genre d’avarie, ça y est c’est réglé. Que s’est il passé depuis le 7 septembre : beaucoup et rien !! Beaucoup, parce que nous sommes rentrés dans le vrai voyage, avec les rencontres qui en font partie, et rien parce que nous sommes restés 6 semaines à Tobago. Nous avions un besoin de se poser, c’est fait. Tobago fût un moment extraordinaire tant l’île est belle et le confort naturel est là. Les rencontres sont aussi riches que variées : Des mexicains, russes, sud Africains, Américains, la liste est trop longue. Quel plaisir que d’écouter nous raconter « leur pays » et en échange nous offrons le Rhum… Les rencontres avec les poissons est riche aussi : raies, barracuda, langoustes, mérous… ouh là là quel bonheur. Bon, la rencontre avec le cyclone Matthew qui a ravagé le nord des Caraïbes n’a pas été notre plus grand bonheur. Il était faible lors de son passage vers Tobago, ce fût tout de même 4 heures de stress.

A présent nous sommes remontés vers le Nord, Guadeloupe. Un petit voyage vers Haïti nous attend.

Août – Octobre 2016

Allez, bonne rentrée Wulfran nous on met le cap sur la Barbade.

A la Barbade, nous sommes indécis sur la prochaine destination. Les îles du salut en Guyane Française ? Allez, ouais bof, c’est loin et les avis des plaisanciers sur le coin sont mitigés. On se tâte, on sait juste qu’il nous faut descendre plus au sud durant la saison cyclonique (qui court de juin à novembre). Trinidad ? Ok, nous passerons d’abord par Tobago pour quelques jours et puis nous mettrons les voiles pour Trinidad. Les noms des villes nous font rêver et appellent au voyage : Chaguaramas, Chacachacaré… Finalement il nous sera très vite conseillé de ne pas aller à Trinidad. L’eau y est marron, impossible de se baigner, ce n’est qu’une grande aire industrieuse qui est très intéressante au demeurant si l’on a de gros travaux à réaliser sur le bateau.

Alors, a nous Charlotteville, Tobago ! Avec un nom pareil, la vie ne peut qu’y être douce et harmonieuse.

Nous avons lu qu’il ne fallait pas arriver à Tobago en dehors des heures ouvrables (8H-16H), auquel cas nous devrons nous acquitter d’une taxe, grrrrr… A la voile difficile, de calculer précisément son horaire d’arrivée, raté, nous mouillerons l’ancre un vendredi à 17h. Confiants, nous nous disons que nous ne sortirons pas du bateau et hop là le tour sera joué. Personne ne doit bosser le WE, et en se rendant aux douanes lundi matin nous leur dirons que nous arrivons juste.

Dimanche, Thierry et Brigitte, de « Yaka », viennent discuter avec nous et nous indiquent qu’il est inutile de tricher avec la douane locale. Les plaisanciers locaux sont bien renseignés puisque Mohamed, le douanier local, file faire de la chasse sous-marine avec lui. D’ailleurs nous aussi, nous aurons l’occasion dans les jours qui suivent de partir en plongée avec le très sympathique Mohamed !

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Dès le lundi matin, en effet, la douanière sait que nous sommes arrivés le vendredi à 17h. Et l’officier de l’immigration nous sermonne de ne pas être venus nous présenter plus tôt. Tant pis nous nous acquitterons de « l’over time ». Mais pour cela, il nous faut des dollars de Trinidad et Tobago : TT (prononcer « titi »). La douanière arrangeante nous fait un peu de change, pour le reste il nous faudra nous rendre à Scarborough, 1H30 de bus depuis Charlotteville.

Quand je vous disais qu’à Charlotteville la vie devait être paisible, ce n’est pas un vain mot : c’est le bout de l’île, le cul de sac. Chez nous on dirait : c’est la campagne. Sous les tropiques la campagne c’est la forêt géante et luxuriante à perte de vue. Le moindre arbre mesure 10m, les plus grands 25.

Nous avons mouillé à Pirate Bay, face à une petite plage et à quelques dizaines de mètre de cette forêt de géants. On à l’impression d’être dans la forêt tellement elle est proche. Si proche qu’on entend hurler les perroquets tous les jours. Et oui, les perroquets, ça fait un boucan d’enfer : dès que ça vole ça crie !

Il y a une vingtaine de bateaux au mouillage et pour une fois, nous sommes devant tout le monde, c’est à dire qu’entre la plage et Masim’s il n’y a personne d’autre, ce qui accroît notre sensation d’être au cœur de la nature. Çà paraît idyllique comme çà, et çà l’est, sauf qu’il y a un gros problème : ici l’eau est verte ! En arrivant de la Barbade et ses eaux cristallines, je me suis dit c’est quoi cette horreur. Je ne me suis pas baignée durant deux jours et puis à force d’entendre Eric me dire « vient voir il y a des quantités de poissons, l’eau est claire » et bien je me suis laissée séduire. Et tant mieux, mais tant mieux, mais tant mieux !!! (Pour Wulfran…).

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Une journée à Pirate Bay, qu’est ce que c’est ? Elle commence en principe par 2h de pêche pour Eric, une séance de yoga pour moi, elle continue par un tour au village pour consulter Internet à la bibliothèque locale. Repas de midi : poissons. Parfois l’après midi nous allons cueillir beaucoup de citrons verts et oranges, des mangues (quand il en reste car c’est la fin de la saison). A 17h, la plupart des plaisanciers se retrouvent sur la plage pour discuter et finaliser chez qui l’apéro sera pris, quand on arrive à se comprendre : allemands, français, américains, mexicains, anglais, sud africains, bretons sont de la partie. Le samedi soir c’est régulièrement un barbecue sur la plage avec tous, pour y faire griller sa pêche du matin. Et puis un jour, on tombe en panne d’annexe… alors là, on change l’organisation. Les copains récupèrent Eric le matin pour aller à la pêche. Tout le monde nous propose de l’aide pour nous amener au village pour tenter de trouver la pièce défectueuse (turbine à eau). Mais à Charlotteville, c’est minuscule, les shipchandler ne courent pas les rues. Peut être 300 âmes au village qui vivent de la pêche et éventuellement du tourisme pendant la saison hivernale. Il y a une seule épicerie qui fait aussi office de poste, vente de tickets de bus…

Le magasin fait peut être 40m² au sol et il n’y pas grand chose, à part du riz, quelques conserves, de la lessive…

A Charlotteville il y a aussi un stade de foot, une station de carburants, une petite bibliothèque, la police, 3 églises… tout cela dans un périmètre très réduit. On a l’impression d’être dans une bourgade rurale française des années 30. Chacun semble se débrouiller avec son potager et la vie suit son court : les églises sont pleines le dimanche de villageois sur leur « 31 » et le reste de la semaine, personne ne s’étonne de voir sortir les ménagères faire leurs courses avec des bigoudis sur la tête !

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La vie est différente de chez nous, les traditions ne sont pas les mêmes. Je suis séduite par leur cimetière : une étendue verte avec des cœurs en fer forgés posés ça et là… c’est tellement doux. Nous assisterons à une cérémonie funéraire : un groupe d’hommes chante pendant qu’un autre groupe d’homme creuse la terre à la pioche. Ce n’est pas triste et il semble que la cérémonie vise avant tout à rapprocher les gens et à partager un instant, ensemble.

J’en reviens à l’annexe. Sans elle c’est différent, on a sorti le kayak et l’on se débrouille très bien avec, même si tout prend beaucoup plus de temps. La pièce de rechange du moteur hors bord arrivera avec Denis et Barbara de «Babig Glaz», un voilier alors au chantier à Trinidad et contacté par Maurice, leur ami, notre voisin de mouillage à Pirates Bay. Deux semaines après la panne, la pièce arrive, livrée à bord !! Si ça c’est pas génial !!! C’est aussi ça et surtout ça la solidarité des gens de mer.

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Au mouillage de Pirates Bay, on apprend à connaître tout le monde :

  • Merci à Joël et Yvon pour les soirées arrosées sur « Nautibus ». Vive le gigot d’agneau, Paul Watson et les RG… !
  • Merci à Brigitte et Thierry pour les parties de pêche et la méga langouste finale, ainsi que l’accueil à notre arrivée.
  • Merci à Paul et Lorie pour leur bonne humeur et l’organisation des barbecues sur la plage.
  • Merci à Dereck et Carol pour leur gentillesse et nous avoir conté l’Afrique du Sud.
  • Merci à Maurice et Manuella pour la balade aux antennes, la cueillette miraculeuse d’avocats, et pour l’impeller !!
  • Merci à Christine et Jean pour nous avoir conté la Martinique, les barracudas, et le yoga partagé.
  • Merci à Laurent et Sylvie pour le matériel au profit d’Haïti et les instants partagés.
  • Merci à Nadine et Louis pour leurs conseils sur Haïti et leur bonne humeur.
  • Merci à Jamila et Francis pour le fusil de pêche prêté suite avarie du mien ! pour la chasse aux cocos, pour la pêche à la langouste (notre première) et pour les instants yoga avec Jamila (et pour les délicieuses bouteilles de vin rouge de Francis).
  • Merci à Suzan et Thomas.
  • Merci à Patrick pour sa disponibilité et sa présence à toutes les invitations du mouillage 🙂

……. avec tout ça je vous laisse imaginer le nombre d’apéros partagés et à venir…

12 Août 2016 : Juste un petit mot pour signaler que notre AIS refonctionne correctement, vous pouvez à présent nous suivre depuis la page « Où sommes nous ».  Sinon, l’accès à Internet est très compliqué en déplacement et dans les pays visités, aussi pour l’instant ce site reste « moumou » !! Juillet et Août passés avec la famille est les enfants entre Guadeloupe, Marie Galante, Les Saintes, La Dominique, La Martinique et Sainte Lucie. Bientôt la Barbade puis la Guyane Française.

Juillet – Août 2016

La Martinique

A bord : Constance, Clarisse, Hermeland, Hardouin, Wandon.

1er escale à St Pierre, après un départ très tôt dans la matinée (2H du matin), de Roseau à la Dominique. Navigation agréable, mer un peu agitée, mais juste ce qu’il faut de vent. St Pierre, c’est avant tout un village construit autour du volcan de la montagne Pelée dont la dernière éruption date de mai 1907. A l’issue, il ne restera rien ni des habitants, ni du village : 20000 morts.

Aujourd’hui, le village est pittoresque, on croirait que le temps s’y est arrêté il y a un siècle : rues étroites, petites maisons grises, énormes caniveaux qui laissent présager des crues régulièrement abondantes. Pour nous, le mouillage à St Pierre sera bref… Le temps d’explorer les fonds, de « chopper » 3 ou 4 petites langoustes, de regarder Toutouille faire le spectacle et épater la galerie locale en montant aux cocos. Les gamins du coin nous racontent qu’ils ne montent pas, eux ! Nous remettons les voiles pour Fort de France où nous avons choisi de faire escale pour un gros plein de courses, et surtout pour récupérer Hardouin et Wandon qui arrivent de métropole d’ici quelques jours. Nous sommes très agréablement surpris par le mouillage : dans la ville, au pied du vieux fort, en face d’une petite plage et… sans bouées payantes !

Les courses sont faites. La course à l’aéroport, c’est pas gagné. Impossible de louer une voiture. Nous sommes en plein centre ville de Fort de France un samedi après midi et tous les locaux des loueurs sont fermés voire désaffectés. C’est désolant. Prendre le bus ? Impossible, les taxis ont trusté le marché et aucun bus ne permet de se rendre à l’aéroport. Pour Eric, ce sera une partie en bus, une autre à pieds (sur la grande voie, il s’en souviendra longtemps) et le retour en taxi.

Fort de France ce sera aussi pour nous la découverte des Yoles rondes, anciennes barques de péchous avec des voiles carrées multicolores qui nous rasent les moustaches lors d’un critérium.

Cette fois nous quittons Fort de France, direction les Anses d’Arlet : une grande crique toute mimi et très bien abritée. Pendant la navigation, les côtes nous semblent prometteuses. Certains repères des falaises pour faire des sauts, pendant que d’autres cherchent de belles parois à escalader et nous rêvons de spots de plongée. La grande anse d’Arlet est avant tout une station balnéaire à la journée. Plein de petits lolo mais aucun commerce (ouf le bateau est plein)… pas même une boulangerie.

A peine allons nous vérifier le mouillage avec les filles, que nous nageons avec une superbe tortue. Toutes excitées, nous la suivons sur une cinquantaine de mètres, mais elle va déjà trop vite. De retour au bateau chacun raconte qu’il a vu une tortue : sous Masim’s, près des rochers… bref c’est le top, il semble y avoir suffisamment de tortues pour régaler nos petits yeux. Et notre mouillage à Arlet se résumera à des heures de plongée pour admirer la faune et la flore sous-marine plus belle que jamais. Pour Eric et moi ce sera aussi le souvenir de Zika. Après une poussée de fièvre et l’apparition de plaques rouges sur le corps, nous avons préféré nous rendre chez le doc : Zika !

Pour faire simple, le corps est recouvert de plaque rouges, les articulations sont très gonflées et douloureuses, mais la bonne nouvelle est, qu’on ne peut l’attraper qu’une seule fois.

Après Arlet, à nous le sud de la Martinique, ses plages de sable blanc et ses cocotiers. A peine arrivés à St Anne, tout le monde s’émerveille de la superbe eau, d’autant que nous mouillons par seulement 4 mètres de fonds. St Anne ce sera, baptême de plongée pour Wandon, baptême de jetski pour Hermeland, boutiques pour les filles, picnics de rêves à l’anse meunier et ateliers créatifs sur bambous et noix de cocos. Nous profiterons de notre long séjour à St Anne pour louer une voiture et visiter l’île : distilleries, chutes de Didier et côtes Est (presqu’île de la Caravelle). Ce sera l’occasion de ramasser des tas de mangues sur le bord de la route et des gros bambous. Bref, la Martinique nous a séduits et çà tombe bien puisque nous y restons encore. Changement d’équipage.

Un dimanche très pluvieux voit le départ de Constance, Clarisse, Hermeland, Wandon, Hardouin (avec une grosse boule au ventre…) et l’arrivée de Rachel, Philippe, Hugo et Théo.

La journée a été sportive, la climatisation a tourné toute la journée pour tenter, et réussir, de faire sécher tout le linge de maison avant d’accueillir nos nouveaux hôtes. La petite famille est un peu décalquée à son arrivée, mais tout sourire et visiblement ravie d’être là. Il est déjà tard quand ils arrivent sur Masim’s, mais Théo ne refuse pas une petite baignade. Eric lui installe un projecteur histoire d’être serein, et là, couic… un balaou lui passe sous le bras et le lui entaille gentiment. Nou kontan vwé zot ! Bienvenus en Martinique ! Chacun prend ses petites marques et pour l’arrivée de nos Francs-comtois préférés, rien de moins que le tour des Yoles de la Martinique… C’est LA compét de l’année par ici. Une trentaines de Yoles en compétitions et TOUTE la Martinique pour les supporter. C’est grandiose, tant dans l’effort sportif que dans l’euphorie. C’est riche d’authenticité et de simplicité. Nous avons posé l’annexe sur une petite plage d’où nous espérons les apercevoir. Quelle surprise : le mouillage est bondé, jusqu’à 20 bateaux à couples ! Tout le monde est dans l’eau à siroter son Ti-punch. Nous faisons la connaissance de Siméon et ses amis qui nous invitent à trinquer avec eux : « Santé pou 100 ans à pa’ti de maint’nant » N’oubliez pas d’avaler les « R » pour faire comme ici. Vive les Yoles rondes et surtout « Zapeti-Gerblé-Lapaluza et UFR-Chamflor ».

On a juste le temps de récupérer Wulfran que l’on met les voiles pour Sainte Lucie… Saint Lucie çà sonne doux comme une escale paradisiaque, mais nous sommes un peu déçus. Après les plages idylliques de la Martinique, Rodney Bay nous semble un peu tristounette. Des hôtels partout et des accès limités à certaines plages ; nous ne sommes plus en France. Ici les capitaux Américains se sont appropriés l’espace : çà manque cruellement d’authenticité. La ville n’est plus qu’un duty-free géant. Le port ressemble à un Port Grimaud à l’échelle Américaine : Débarcadère privatif au pied de maisons mégalos et jardins tirés au cordeau. Ça en fait sûrement rêver plus d’un, mais sincèrement c’est bien trop aseptisé pour être charmant. Ça ne nous empêchera pas avec Rachel, d’aller en ville, tester les « taxi-co », baragouiner quelques mots d’anglais et dépenser quelques « east caribean dollars » dans les supermarchés US locaux. C’est toujours amusant, quoique parfois désappointant. Par exemple, on ne trouve nulle par ailleurs qu’en territoire Français, des haricots verts en conserve. Bref, on s’en fout, on s’adapte et on mange des « macaroni and cheese »… beurk !!! et dire que c’est le plat le plus mangé aux état unis. Pour finir, Sainte Lucie ce sera ski nautique pour Wulfran et baptême de jet ski pour Philippe et Théo.

Retour à St Anne, parce qu’on y est trop bien, petit footing sur le sentier littoral et départ pour Arlet histoire de faire vivre à nos hôtes l’expérience des tortues, et c’est réussi ! (Et le papa Tortue, et la maman Tortue… -pour Rachel-).

Pendant cette escapade Arlésienne, Rachel et moi ferons natter les cheveux. Non pas tressés (avec des rajouts), mais bien nattés : avec de toutes petites tresses. 4 heures de boulot pour Rachel, le double pour bibi…

En revanche, le pied pendant quelques jours : pas de démêlage !

Direction les 3 îlets, en face de Fort de France. Ici, c’est un peu la côte d’azur locale : bars branchés, boutiques chics, parkings bondés et fiestas tous les soirs sur la plage (sapé comme jamais, loulou et boutin, coco na chanel… -pour Rachel-)

En termes de logistique, ici tout est simple. A l’inverse de Fort de France les magasins sont ouverts tous les jours, idem pour les loueurs de voitures. Nous louerons donc un Vivaro pour nos balades dans l’île :

  • La cascade couleuvre avec notre cueillette magique de bois lélé et aussi sa route d’accès digne d’un chemin de la France rurale des années 50 ;
  • Le musée de la canne ;
  • Les distilleries avec une mention toute particulière pour le cocktail servi chez « La Mauny » : Rhum Spiced, jus de goyave, citron vert et glace.

Et puis les soirées défilent à jouer au Kems et au Président : « Mare d’être le trou du cul… ! »

Les vacances prennent fin pour Philippe, Rachel, Théo et Hugo sous une pluie battante, un bon moyen de les réhabituer rapidement à la vie de métro.

Revenez vite, vous êtes les bienvenus !

La Martinique ce n’est pas tout à fait fini pour nous. On embarque Wulfran pour faire :

  • Le canal des esclaves (chouette balade le long d’un vieux canal construit dans les années 1800 par les esclaves pour permettre l’irrigation des champs de canne à sucre)
  • Les chutes de Didier (une nouvelle fois !) mais c’est tellement bien.
  • La montagne Pelée où nous avons failli perdre Loulou dans une crevasse le temps d’une pose pipi…

 

Juillet 2016

A bord : Constance, Clarisse, Hermeland, le commandant et son second.

La Guadeloupe :

De la Guadeloupe, des 2 grandes îles, nous n’aurons pas vu beaucoup finalement. Nous y reviendrons.

Nous adorons le petit mouillage du Gosier : son îlet calme est propice à la baignade dans des eaux magiques, sa plage animée en permanence par les sportifs dès le matin très bonne heure (4h30), par les cours locaux d’aquagym, par son marché local et aussi pour les bonnes averses que nous nous prenons.

La Guadeloupe, c’est aussi Marie-Galante avec un mouillage de rêve .. le premier du genre : sable blanc, juste quelques bateaux et même une immense plage sauvage avec cocos à volonté et juste derrière : bananes, mangues… De quoi tous se régaler. Nous profiterons de notre passage sur l’île pour visiter la rhumerie Bellevue… et apprécier l’authenticité du site, à peine modernisé et en pleine activité ! La bagasse (résidu de la canne à sucre une fois pressée) nous sature les narines à peine arrivés sur le site mais l’accueil est chaleureux : on se ballade au milieu des tracteurs et des chars à bœufs qui apportent la canne sur les tapis les conduisant au broyeur, on est dedans quoi ! C’est authentique et on adore…. surtout la dégustation finale – quoique le rhum à 59° c’est quand même vraiment trop fort.

Bien que particulièrement déserte en juin et au début du mois de juillet, on découvre Marie-Galante avec plaisir, notamment les fonds marins qui sont bien plus poissonneux qu’à Pointe à Pitre. On fait connaissance (la première à en voir un c’est Constance !) avec les énormes coquillages, les lambis, qui, semble-t-il font l’objet d’une réglementation draconienne. Mais ça nous l’apprendrons plus tard. D’abord, à Marie-Galante, on ne savait pas encore que ça se mangeait alors on les a laissés au fond de l’eau. Le mouillage de Port Louis en est rempli ! Après quelques jours sur l’île et le bateau (ainsi que le bide) plein de coco, nous filons sur les Saintes. Navigation de rêve : vent arrière, pas de houle. Tout le monde apprécie et prend enfin le temps de bouquiner… il faut dire qu’à bord, on ne trouve jamais le temps de rien faire : entre la découverte de ce qui se passe à terre et le temps passer à regarder les fonds marins, il n’en reste plus beaucoup.

Les Saintes … il semblerait là encore que ce soit une des plus belles baies du monde ! C’est très joli, certes mais c’est déjà plein de bateaux et quoiqu’on en dise, à mes yeux tout au moins, la plus belle baie du monde sera forcément vierge de tout bateau et autre construction.

Les Saintes, c’est un peu la baie d’Along en miniature : des îles verdoyantes qui grimpent droit sur l’eau comme des forts que l’on aurait bâtis pour se protéger. Nous mouillerons sur coffre, à l’îlet à cabris, réserve naturelle sur laquelle évoluent quantité de poules et de chèvres. La plage est belle mais le sable n’est déjà plus blanc ici …. Nous ne visiterons que deux des îles qui forment les Saintes : le village quant à lui est pittoresque, coloré, animé et très très touristique.

Allez, pas le temps de traîner, il est maintenant temps de mettre les voiles pour la Dominique : départ très tôt le matin, en douceur, sans réveiller personne puisque nous sommes sur coffre et qu’il n’y a donc pas de chaîne à remonter. La baie est superbe au réveil : il y a à peine de vent et on glisse en douceur sur la mer jolie. Euh… ça c’était juste avant d’entamer le canal entre les Saintes et la Dominique !!! 42 Nœuds de vent, 5 mètres de creux… Presque tout le monde est malade, même Hermeland !! Clarisse se sent parfaitement bien… quant au commandant, inutile d’aborder le sujet puisqu’il n’est jamais malade ! Et pour Constance, comme d’hab, beaucoup de trouille et la visite à de multiples reprises de miss Gerbeline. Je ne vous cache pas que nous sommes contents d’arriver sur la Dominique, du côté de la côte sous le vent où la houle cesse de suite … pfiouuu on respire tous un bon coup et on mouille à Plymouth, après avoir vu, pour la première fois, une tortue !!!!!! ça ça remonte le morale des troupes.

Arrivés au mouillage dans la grande baie bien tranquille, il ne nous reste plus qu’à remettre le bateau en état : l’huile pimentée a volé dans le bateau, idem pour les amandes et le sucre … je vous laisse imaginer l’état de Masim’s.

La Dominique, c’est encore plus vert que vert… 360 rivières pour un territoire tout petit. Tout est eau, végétation gigantesque et cascades… du coup, ce sera un peu le file d’Ariane de notre séjour ici : voir des cascades et se baigner dans de l’eau douce. Dans l’ordre de préférence, à l’unanimité :

1- WBA nef falls (une cascade privée, a priori payante, mais nous n’avons jamais vu personne…)

2- Emerald pool (aménagée certes mais de toute beauté)

3- Trafalgar falls … impressionnant mais visiblement « destructurée » suite au passage du cyclone Erika en 2015 …

 

Juin 2016

Quel est donc ce bel oiseau du large ?

8 juin, nous voici arrivés à Pointe à Pitre. Voici donc notre prose relative à cette expérience de Transat. Succès total pour nous. 21 jours exactement de traversée, rien d’exceptionnel ni exploit dans ce que nous avons réalisé, simplement 2500 nautiques parcourus pour cette Transat, et 4500 depuis Toulon (soit un peu plus de 8000km)… 🙂

Le journal de la Transat est disponible ici.

Pour les amateurs de chiffres, en voici quelques uns :

  • Leurres de pêche perdus par la faute des sagouins de poissons : 4
  • Gas-oil : 200 litres, pour 2500 nautiques… qui dit mieux
  • Nombre de poissons pêchés : 4
  • Eau douce consommée : 2400 litres
  • Durée : 21 jours
  • Vitesse moyenne : 5 nœuds
  • Bières fraîches dégustées : 2 par jour, midi et soir soit donc 2×21=42 !!
  • Whisky avec des glaçons : Euhhh, ben, oui j’en ai pris…
  • Prise de la barre de pilotage en manuel : 0 heures !!! Faut pas rigoler, « Raymond » Barre très bien, le pilote automatique fait cela mieux que nous.
  • 1 avarie des toilettes 🙁
  • 2 baignades en mer, très très loin des côtes… après demande aux requins de s’éloigner.
  • Poissons volant échoués sur le bateau : plein, plein, plein…. ils sont parfois gros..
  • MTO d’Arnaud par SMS sur le téléphone satellite : Une tous les jours, et là c’était le top, Merci Arnaud…
  • Casses : 3, on aurait aimé éviter, mais bon….
  • Bateaux croisés : 2 commerces
  • Lessives lave linge : 4 ou 5
  • SMS échangés avec les amis : ben tellement que l’on ne peut que vous remercier.

Juin 2016

Après une arrivée le 8 juin à Pointe à Pitre, nous avons pris « possession » de notre nouveau lieu. Activités aussi variées que diverses : Magali rentre en métropole pour une semaine pour diverses raisons. Elle me fait le bonheur de ramener des enfants pour la fin du mois qui viennent passer les vacances avec nous. Les réparations nous ont occupé aussi : soudure des pièces de la bôme (et là en aluminium ce n’est pas forcément simple surtout lorsque l’on a à faire à différentes variétés d’aluminium entre les fontes d’alu et les alus bruts… ouf à Pointe à Pitre il y a des industriels au top qui savent faire !!!). Ensuite nous avons visité un peu l’île, découvert le Rhum (hmmmm….. et le T-punch dans l’eau à 30° sur la plage de sable blanc et cocotiers -la photo de carte postale quoi…-).

Mai 2016

Mercredi 18 Mai 2016 (Saint Eric !) C’est le jour du départ et de l’appareillage pour la traversée atlantique. Elle devrait durer 3 à 4 semaines. 2500 nautiques à parcourir (4500km) à la vitesse d’un marathonien moyen (10,8km/h). Alors durant ce temps là, ce sera notre retraite, isolé d’internet, mais pas du monde. Nous recevons parfaitement Radio France Internationale en ondes courtes, ou bien la BBC -histoire de faire un peu d’anglais-. Et puis notre téléphone satellitaire nous permettra d’éventuels échanges avec les terriens. Le whisky est prêt à prendre du service, et les alizés sont bien établis pour nous pousser gentiment avec 15 nœuds de vent de nord-est.

Mardi 17 mai 2016 au soir, avec la touille au bide… MDR !!

Fin des Canaries : c’est pour très bientôt, demain a priori, ou inch allah, enfin bref, comme vous’ l’ voul’..

La Palma, c’est une île pour amoureux de la nature, de la randonnée… ce n’est pas une île pour citadin convaincu! C’est déjà très dépaysant par rapport à tout ce que nous avons vu ; j’ai déjà l’impression d’être dans les Antilles : des petites (ou grandes) maisons très très colorées et surtout des bananeraies absolument partout !!!! On rêve de régime de bananes et on bade les fleurs gigantissimes (au moins 40cm) de ces « arbres » à tous les coins de rues : il y en a en ville, sur le moindre terrain libre et puis sur toute la côte ouest, jusqu’à 400m d’altitude : des restanques à rendre jaloux tous les maçons de Provence et Côte d’Azur. Visiblement un pied donne un seul régime alors je vous laisse imaginer la quantité qu’il faut de plants de bananes. Est-ce qu’elles sont bonnes ? différentes ? oui, un peu plus acidulées, moi je trouve qu’elles ont un petit goût de fleur. Sur place, elles sont très chères, plus chères qu’en France, c’est à n’y rien comprendre. J’aurais du mal à vous dire ce qui pousse ou pas sur l’île, tellement ça me semble hétéroclite : des bananes, des ananas mais également des noix de macadamia, des noix (de Grenoble), des avocats, des amandes, … Bref un sacré mélange de tout.

Sur l’île, il y a un observatoire astronomique, au sommet (environ 2500m d’altitude) : nous y sommes allés en voiture. Là encore c’est époustouflant : à la fois lunaires, semblables à des canyons … les failles et les paysages nous laissent admiratifs. Oui, c’est promis, on va arriver à mettre des photos, on travaille dessus, mais on n’a pas encore résolu le problème.
L’île est toute petite mais pour faire 140 bornes, il nous aura fallu 6h… certes, nous avons fait plein de pauses, mais quand même !! ça tourne et ça vire dans tous les sens. Presque il y a plus de sentiers de randonnées que de routes asphaltées.

Du coup, on a profité d’être sur l’île pour faire une petite rando dans le parc national de La Caldera de Taburiente avec une montée dans les pins … ça ressemble beaucoup à mes montagnes des Hautes-Alpes … un peu plus chaudes et plus odorantes mais quand même très similaires.

Sinon, nous sommes prêts pour la transat, les pleins sont faits : carburants, vivres frais… et les bananes dont rêvait Eric. Et là, nous sommes servis, Il souhaitait à tout prix ramener un régime de bananes… il a donc fait pote avec un agriculteur local et s’est fait livré un régime de bananes à bord de Masim’s…. soit 27kg au total et au moins 200 bananes comptées (10€)… je vous vois déjà vous marrer : mais ils vont se transformer en singes, qu’est-ce qu’ils vont en faire ? … bla bla bla …. J’ai topé des tas de recettes à base de bananes avant de partir et on verra bien. Eric est heu-reux.

Notre escale à La Palma aura commencé par un accueil chaleureux sur les pontons et elle se finira de même, par un petit resto. Merci encore à Michèle, Thierry, Nat’ et Steeve pour les instants partagés.

Et on vous dit à très bientôt sur les ondes.

Vendredi 13 Mai 2016

Nous sommes partis d’Agadir le 4 mai, remplis de fruits, légumes frais, de feuilles de brick traditionnelles (un régal de les voir faire, un régal de les manger), et des produits à base d’Argan, le Maroc c’est quand même le pays de l’Argan ! Agadir, on y reviendra, je le souhaite. Les alentours ont l’air superbes et le must serait de louer une voiture pour réaliser l’ascension du sommet de l’atlas : le Djebel Toubkal (4167m tout de même).

C’est parti pour 4 jours de mer, la météo prévoit qu’on aura du vent favorable… sauf que la météo aura faux sur toute la ligne et que l’on aura du vent de face tout du long. Pas drôle : on ne fait pas de cap et ce n’est pas très confortable. On reprend le rythme des quarts par bordée (Eric de 20h à 2h, moi de 2h à 8h) : les nuits ne sont pas très claires et les journées somme toute assez nuageuses (heureusement, parce que je crois qu’il ferait très chaud!). Que fait-on de nos journées ? beaucoup nous pose la question : ça doit être looooong les journées en mer, non ?!. Les journées sont rythmées comme partout par les heures de repas et d’apéro (of course). A la mer, tout prend beaucoup de temps : faire à manger n’est pas aussi aisé par exemple qu’à la maison : essayer de faire la popote sur un sol balançant de droite à gauche avec une gîte de 15-20 degré! et ouai . Nous bouquinons pas mal, nous manœuvrons aussi pas mal les voiles ! et nous essayons de ménager nos montures respectives en s’accordant des petites siestes, histoire d’être en forme pour la nuit. Parce qu’au final, ce qui est long en mer ce ne sont pas les journées, mais les nuits. Moi, je n’aime pas beaucoup (voire pas du tout) les nuits : ça a un côté angoissant, on ne voit rien, on se concentre sur le moindre bruit, on lutte contre le sommeil naturel, on gère les anti-collisions … mais heureusement on voit les lucioles, des tas de lucioles (plancton phosphorescent) au ras de la mer. Et puis parfois, on gère (enfin c’est toujours à moi qu’elle cherche des noises) dame Gerbeline de temps en temps : elle n’est pas méchante mais elle fait en sorte que je ne l’oublie pas. Alors, vous voyez qu’on ne s’ennuie pas à bord et d’autant moins que parfois on arrive à pêcher …. mais rien depuis que nous sommes passés du côté de l’Atlantique.

Vendredi 6 mai, juste à l’heure de l’apéro, nous sommes passés entre les îles de Lanzarote et Fuerte-Ventura et avons pu skyper avec la famille, ça fait un bien fou, fou, fou même si après coup, ça me donne un cafard fou, fou, fou.

Dimanche 8 mai, nous sommes arrivés à Santa Cruz de Tenerife. Le temps de faire un message d’anniversaire à Ericka et nous voilou au port. L’arrivée sur l’île de Tenerife est magique : lever de soleil sur les montagnes volcaniques de l’île : tout est vert, abrupt, à la fois inhospitalier mais tellement attrayant. Le port, lui, n’a rien de vert et naturel : c’est un grand port de commerce, tout vide à cette époque puisque la période la plus propice pour réaliser la transat est de novembre à janvier. Lors de la préparation du voyage nous avions envisagé sérieusement une escale à Tenerife pour réaliser l’ascension du Teide, qui est un ancien volcan culminant à 3700m et, accessoirement, le toit de l’Espagne. Nous louons une voiture pour une journée puisque le départ de la rando est tout de même à 1h30 de route. Réveil à 5h, départ à 5h30 pour un trajet en voiture hors du temps : au port, il fait 20 degrés, le temps est clair, nous montons dans une forêt luxuriante (les troncs ruissellent d’eau) prise dans un épais brouillard, au dessus c’est une montagne aride, quasi lunaire, la route est recouverte de givre, il doit faire -5 degrés… nous garons la voiture à 2300m d’altitude et c’est parti pour la grimpette. Tout du long, le spectacle est époustouflant, surprenant : des étendues grandioses de terres arides, parfois colorées, parsemées de gros cailloux épars et comme balafrées par d’immenses coulées de lave. Nous grimperons jusqu’à la « Ramblas », 3550m d’altitude : les 200 derniers mètres sont soumis à autorisation mais peu importe nous sommes déjà repus de tant de beauté et saoulés de tant d’altitude : ça fait bababim bababoum dans la tête et de toute façon nous sommes contraints par l’horaire de retour pour rendre la voiture de location !! La montée a été glaciale, la descente sera « caliente » !! La journée aura été géniale et nous en avons plein les mirettes !

Retour sur Masim’s (je vous passe la visite de dame Gerbeline dans le chemin du retour en voiture, entre l’altitude et les virages, elle était vraiment du voyage…) et préparatifs pour un départ le lendemain. Je ne vous parlerai pas de Santa Cruz de Tenerife dans la mesure où nous n’avons pas vu grand chose sinon la rue commerçante principale, très sympa au demeurant !

Nous quitterons le port de Tenerife Jeudi 12 mai en passant par le nord, beaucoup plus sauvage que le sud (très touristique car plus sec) et c’est toujours aussi beau et verdoyant : les montagnes semblent toutes inaccessibles et pourtant, des villages ont poussé dans les endroits les plus incongrues. Au nord de Tenerife, il semble que l’on puisse voir des baleines : on n’aura pas cette chance là.

Et me voilà, vendredi 13 (urps je m’en rends compte seulement maintenant), au port de Tazacorte, côté Ouest de l’île de la Palma. Le port est de prime abord assez inhospitalier : d’immenses digues dignes de constructions staliniennes qui doivent servir de brise lames et une roche noire volcanique qui encercle le port. Mais juste après, c’est très accueillant : un gars du port nous accueille, nous aide à nous amarrer (sans faire semblant) et tout le monde à l’air très sympathique. On n’est pas là de 10min qu’on se retrouve déjà à boire une bière avec un gars que l’on avait croisé au dernier salon nautic à Paris 🙂

La suite, je vous la raconterai plus tard.

12 Mai 2016

Notre escale à Santa Cruz de Tenerife, prend fin, départ cet am pour Tazacorte, île de La Palma, plus à l’ouest, qui sera le point de départ de la transat, et également un lieu de visite qui s’annonce merveilleux, c’est un parc national paraît-il splendide. Nous vous dirons.

Quant à Tenerife une lettre complète verra le jour avant la transat, patience. Malheureusement nous n’arrivons toujours pas à mettre de photos dans le site… snifff !

3 Mai 2016

Hop là, je (Mag) prends la plume, enfin, le clavier !

Nous sommes déjà le 3 mai 2016 et déjà au sud du Maroc !!

Pour reprendre, depuis le départ de Toulon le 15 avril, nous avons mouillé 2 soirées dans la rade de Toulon, à St Mandrier histoire de partir sans trop partir, et de revoir encore nos potes.

Après une soirée bien arrosée le samedi, nous avons mis les voiles, le moteur plutôt, le dimanche vers 14h. Ça serre sacrément le bide de partir comme ça, j’ai le ventre en compote, les yeux embuées (voire complètement noyés), la tête qui fait boum boum… Bref, un départ quoi !

Il fait beau, frais, mais le soleil est là, c’est toujours plus sympa ! Eric est à la barre, moi je vais faire la sieste pour passer mon état chagrineux mais surtout parce que je sais que les nuits en mer sont difficiles et qu’il faut être plein d’énergie pour tenir seul(e) 5 à 6h dans le noir. La mer est sympa pendant les premières heures et puis au bout de 3-4h, on enclenche le mode lessiveuse : ça brasse un max, il y a du vent juste ce qu’il faut mais la mer est bien formée, si bien que l’entrée en matière est douloureuse, au moins pour moi. Madame Gerbeline (celle qui fait gerber) va pointer le bout de son nez un paquet de fois, mais je sais que ça passera ! Après quelques nuits et journée en mer agitées, nous arrivons sur Ibiza le mercredi 20 avril vers midi, on trouve une petite plage sympa pour aller mouiller et ni une ni deux, nous mettons l’annexe à l’eau pour un pic-nic improvisé sur la plage. Ça fait un bien fou : l’eau est encore trop fraîche pour se baigner, mais le lieu est très sympathique : ce sont des salines.

Et là, nous rêvons de passer une vraie nuit, au calme…. Mais c’est pas la peine : le vent tourne, on se prend la houle (la même qui nous a lessivé pendant 3 jours), une houle qui nous empêche de dormir et aussi de tenir debout. Du coup, départ avancé à midi (moi qui pensait me reposer !!!).

Nous voilà donc repartis, direction Gibraltar (Gib’ pour les intimes) : cette fois, pas de vent, plus de mer, donc du moteur, c’est pas le but du voyage que de se déplacer au moteur, mais nous avons vraiment envie de passer Gib’ sans tarder pour lancer le top départ (psychologique – trop loin pour faire demi-tour ?) de notre périple. Cette fois, c’est très très calme : on bouquine, on prend le soleil, on prend l’apéro sur l’avant du bateau, on peut même se mettre à l’étrave pour regarder les dauphins.

Lundi 25 avril, le bateau est propre, dedans comme dehors, tout est bien rangé. Y’a pas, nous sommes prêts pour une escale !!! Arrivée à Gib’ dans l’après-midi après avoir slalomé entre les gros bateaux. Il faut dire que depuis 2 jours, le trafic maritime s’est intensifié de manière impressionnante : la nuit, il faut veiller, et pour de bon, pour ne pas risquer une collision. A bord, nous sommes cependant bien équipés coté navigation pour éviter les abordages (AIS, radars… mais j’aurais l’occasion d’y revenir).

Donc, Gibraltar : pour moi, SURPRENANT. La baie est très très industrielle, on croise une quantité de bateaux tous plus grands les uns que les autres : les 15m de Masim’s paraissent bien ridicules par rapport aux 400m de certains navires… Le port de plaisance de Gib est un petit port, équipé ce qu’il faut mais sans plus. Nous sommes amarrés entre deux bateaux poubelles.. eurk. Enfin, ce n’est que notre avis, à côté Masim’s a l’air d’un modèle : propre, entretenu, on n’est pas peu fier de notre canot’.

On s’accoste correctement et on file faire les papiers à la capitainerie. Simple : papiers d’identité, assurance et papiers du bateau. C’est fait. Direction la ville, pour trouver un shipchandler : le groupe eau du bord fait des misères et nous n’avons plus d’eau sous pression. En fait c’est même pas de quoi occuper Eric pendant l’escale.

Nous sommes donc dans la marina (ocean village) de Gib : encaissés dans des immeubles assez récents, très hauts, au pied du rocher qui nous surplombe. La marina, c’est amusant : on a l’impression d’être à Monaco tellement tout est engoncé, des immeubles entre des immeubles tous plus hauts les uns que les autres. Le décor a l’air en papier carton : ça fait faux, mais l’avantage c’est que c’est tranquille, très tranquille et on s’y sent de suite en sécurité.

Le lendemain, c’est direction le sommet du rocher de Gib, environ 400m d’altitude, en passant par Europa point : un des points le plus au sud du continent européen. C’est une grimpette costaud : je sue à grosses gouttes sur mon petit vélo pendant qu’Eric se balade. La pente est tellement raide que nous sommes contraints de pousser sur la fin. Le must sur le rocher de Gib, c’est qu’il y a des singes !! si si, des singes en liberté (il faudra que je me renseigne sur leur provenance) ; moi j’en ai la trouille, ils n’ont pas l’air commode. Les petits sont drôles, ils grimpent sur les voitures, jouent avec les rétroviseurs… On peut les approcher, sûrement même les toucher mais on ne s’y aventurera pas. Le sommet : à l’Est, la méditerranée, à l’Ouest, l’atlantique, au Sud, l’Afrique !!!

Au retour, c’est la récompense de la descente : à fond les ballons … ou pas !! arrivée sur la ville, nous passons par l’avenue principale (main street) qui est un immense centre commercial détaxé : on fait le plein de parfum, pas d’alcool parce qu’on est déjà pleins. Si on y avait pensé plus tôt, on aurait sûrement moins rempli le bateau au départ de Toulon ! Je regrette de m’être achetée 2 paires de baskets que j’ai trouvé 60% moins chères à Gib’.

Mais la ville est vraiment sympathique : tout est anglais (les bus, les taxis, les cabines téléphoniques), on a l’impression d’être à Londres .

Le mercredi, nous en profitons pour faire les courses, côté espagnol – histoire de passer la frontière. Faisons aussi du carburant ce jour là (35 centimes d’euros le litre à Gib’ ; ça laisse rêveur ….).

Bricolages à bord, le groupe eau est réparé ! (Ouf pour mes cheveux !!), rangements, préparatifs pour la prochaine nav et nous voilà prêts. D’après les calculs experts et complexes d’Eric, nous devons partir à 4h du matin pour ne pas subir les courants contre, profiter des courants portants, ne pas avoir de problèmes avec la marée et tuti quanti…. Réveil matinal, départ à l’heure dite, re-slalom entre les bateaux dans la baie et nous voilà dans le passage de Gib’ à contre courant (zut). Le détroit, c’est une véritable autoroute : la navigation n’a rien d’agréable, l’objectif c’est de tracer ! On avance doucement (on pousse pourtant le moteur), on traverse (en ayant l’impression de couper la route au nez de tout le monde) et nous continuons notre route côté Afrique. Nous avançons à 6 nœuds avec un courant contre allant jusqu’à 4.5 nœuds .. autant dire qu’on se traîne (re zut !) !!!!!! Au cap Spartel (sortez vos cartes !!), nous mettons les voiles et c’est parti pour quelques jours de nav direction Agadir. Du vent, de la mer (Dame Gerbeline ne viendra pas, mais il s’en faudra de peu). On reprend le rythme du quart par bordée, on fait notre premier plouf dans l’atlantique et aussi de l’année, suite à un bruit étrange sous le bateau : Eric revisse l’anode, le bruit disparaît et j’en profite pour faire un bain (euh .. y’a pas des requins ?? ben je sais pas moi). Pas mal de vent pour cette descente plein Sud, petite escale à Essaouira de 2 heures, histoire de déjeuner au calme. On n’ira pas à terre, on mouillera simplement l’ancre entre la superbe plage d’Essaouira (plein de chameaux !) et l’île de Mogador. Nous repartons avec un petit pincement (même 2 petits pincements : c’est l’anniversaire de mon grand frère chéri aujourd’hui et pas moyen de faire partir un message !!!), en se disant que c’est certainement un coin à visiter : c’est une ville fortifiée aujourd’hui animée par la pêche (rien qu’à l’odeur, je vous confirme que les pêcheurs ne doivent pas chômer !).

24heures après, lundi 2 mai, nous voilà rendus à Agadir : grand port de commerce, grand port de pêche (il a fallu slalomer toute la nuit entre les barcasses de pêcheurs !!) mais petite marina, encaissé au milieu de jolis petits immeubles récents et de bon goût. On apprendra que la marina date du début des années 2000 seulement. Accueil par l’administration locale : pas moins de 2 gars des douanes et un de la police pour nous souhaiter la bienvenue à Agadir : papiers du bateau, passeports, papiers à remplir, quelque chose à déclarer ? armes à bord ?

Mardi, c’est tourisme et pour ne pas changer : c’est grimpette à vélo. La Casbah est une ancienne forteresse qui surplombe la ville à environ 300m d’altitude. J’ai chaud, mais c’est moins raide que le rocher de Gib’. On fait le tour avec un local qui nous relate le tremblement de terre de 1960 qui a détruit toute la ville et fait 15 000 morts (32 000 habitants à l’époque). Il ne reste plus rien sur la colline. De nouveau une descente méritée et direction le souk pour faire le plein de vivres frais. En fait, il y a deux grandes zones maraîchères au Maroc, une au Nord et celle d’Agadir. On devrait pouvoir trouver tout ce dont on a besoin : des tomates, fraises … made in « moroco », normalement c’est pas top mais là c’est local alors c’est mieux !

C’est génial, le souk est immense (4km²) et on trouve notre bonheur : des fruits et légumes frais, mûrs à point pour un prix dérisoire. Le souk c’est l’Afrique odorante : des épices, beaucoup d’épices mais aussi des poulaillers qui puent et même des coupeurs de cou-de-poule (en direct) ! On déjeune sur le pouce dans le souk pour 3€ à nous deux ! On repart chargés comme des mulets sur nos petits vélos en passant par la promenade des anglais locale (qui n’a vraiment rien à envier à la vraie promenade). Agadir c’est 10km de plages superbes, c’est très agréable, très (trop ?) occidentalisé.

2 mai 2016

En mer le 29 avril 2016

Au large du Maroc par 34°40N et 7°30W. Il est temps de reprendre l’écriture du cours de l’aventure. Nous voici parti de Gibraltar au petit matin du 28 avril, 4H, histoire de prendre les courants de marées. Nous avions calculé, pil poil aux petits oignons, les heures, les courants, les positions idéales pour franchir le détroit dans de bonnes conditions, météo comprise. Rien de tout cela, jusqu’à 4 nœuds de courant contre. Nous avons lutté toute la journée contre ce p… de courant, et en mauvais marins, nous avons tout fait au moteur, tant pis ! Il n’a pas volé sa mauvaise réputation ce détroit. Malgré tout, quelques satisfactions au menu, le mélange des eaux atlantiques et méditerranée produit des remous comme quand il y a un banc de poisson au raz de l’eau. Difficile à décrire, cela fait un frizli. La température eau de mer a été mesurée à intervalles réguliers, aucune variation significative : 17°. Des hordes de dauphins viennent jouer autour du bateau. Quel spectacle !

10 bonnes heures pour franchir le détroit jusqu’au cap Spartel, puis cap vers le sud. La longue houle d’ouest s’est établie, et le bateau glisse à merveille avec ses 12 nœuds de vent de travers. La température commence à monter et celle de la mer aussi : 19°.

Gibraltar : une escale réussie, reposante et très agréable, réconfortante. Et bonne surprise, avec un gas-oil à 35cts d’euros le litre, pas de quoi se ruiner. Les réparations (groupe d’eau essentiellement) ont pu êtres réalisées sans souci. Le Skype avec les enfants a été un rendez vous très réussi. Ils ont pu découvrir le rocher que nous leur filmions en direct avec Skype.

L’ascension du rocher à vélo en plein cagnard, nous a valu d’être traité de fou !! Pas totalement faux. Balade super dans cette forêt très étrange : à la fois humide et sèche. Humide car les nuages apportent l’eau à la végétation, mais sec car les sols ne reçoivent que très peu d’eau car les pluies sont faibles.

Nos amis les singes sont l’attraction bien entretenue par les gardes du parc, qui s’assurent que tout le monde en aura pour son compte !

Bizard, bizard ce bruit à la ligne d’arbre. Aurions nous pris un filet de pêcheur dans l’hélice ?, une ligne de pèche, un cochonnerie ? Aucun indice. Que faire ? Réunion du conseil, réflexion, analyse… tout y passe. Nous ne sommes pas loin du Maroc, un mouillage est peut être nécessaire pour aller voir cela. Bruit régulier de « clong-clong » à chaque tour d’hélice. Brrrrr, j’aime pas çà. Je veux en avoir le cœur net. Une belle fenêtre météo se présente à nous, calme plat, personne autour. Décision est prise de plonger sous la coque. Prise des dispositions de sécurité diverses, et plouf à l’eau : 17°, même pas froid. Bon, j’avais mis la combinaison au complet tout de même, et un casque de spéléo. Un copain ayant eu à aller couper un filet de pêcheur dans l’hélice dans le golfe de Gascogne sur son bateau, m’avait signalé avoir mis un casque de spéléo car le bateau bougeait trop. Il en était venu à bout, non sans difficultés. Nous avions conservé cette idée en tête, et hop, le casque sur la trombine ! Nous avons embarqué notre matériel de montagne au complet, dont les casques d’escalade. Baptême de l’eau pour mon casque donc. Et resserrage de l’anode de la ligne d’arbre qui commençait à bouger un peu. Cette anode avait été changée lors du carénage de janvier. Elle se consomme doucement, ouf bruit élucidé, réparé par resserrage de l’anode sur la ligne d’arbre. Rien d’anormal donc, que du fonctionnement ordinaire. Et plouf, Magali se met à l’eau pour son premier bain de l’année, car l’eau est vraiment bonne. Et si vous vous demandez si nous étions les deux à l’eau ensemble… bien relire que nous prenons toujours les conditions maximum de sécurité… Ouf, un requin n’a pas avalé Magali. Nous voilà reparti pour une nuit de navigation qui se révélera pleine de pêcheurs marocains sur des rafiots tous colorés, j’en ai pris un en photo. Trop beau. Ils n’ont pas peur, à 2 sur des skiffs à 20 nautiques des côtes sans survie ni matériel de sécurité…

Le transit se poursuit ainsi durant trois jours. La marche du bateau par fort vent de 25 nœuds établis de nord-est est meilleure que prévue. Nous voilà au matin du 1 mai en face d’Essaouira, Mogador.

L’équipage fatigué par la lessiveuse depuis 48h part dans la baie faire une courte halte. Mouillage à l’abri de la longue houle. Déjeuner au calme et hop c’est reparti pour Agadir, 100 nautiques plus aux sud (soit donc 24h de navigation, nous calculons avec 100Nq de nav par 24H en moyenne). Il faut dire que 20 nœuds de vent au mouillage n’étaient pas bien confortable. Lieu touristique, nous y retrouvons des kite-surf qui s’en donnent à cœur joie avec ce vent fort. Ville basse, marquée de ses minarets et ce charme marocain, nous n’avons pas cependant mis le pied à terre. Des remparts cerclent la façade maritime de la ville, digne de Lawrence d’Arabie. Le rempart face à la mer serait plein de canons Portugais. 24H de navigation sont encore nécessaires pour rejoindre Agadir, décision est prise de partir sans tarder pour ne pas arriver à la nuit à Agadir.

Et voilà que le relevage du mouillage nous réserve une surprise (assez classique cependant). Malgré nos précautions, un filin de pêcheur est pris dans la chaîne de mouillage. Pas le choix, le poignard à poste fixe prend aussitôt du service et tranche sans mollir ce fichu cordage. Ouf, il n’a pas fini dans l’hélice. Voici donc les premiers avatars qui nous arrivent. La vigilance doit rester de mise.

Malgré la houle bien formée, 2 mètres environ, on trouve au large les éternels pêcheurs marocains, sur leurs skiffs, en dépit de toutes les mesures de sécurité de base. Et nous avec nos AIS, gilets, flashs, combinaisons, fusées, radeaux, bouées couronnes, VHF et encore plein de trucs, on a l’impression de ne pas être dans le même monde. Nous nous imposons de ne pas sortir du cockpit la nuit, gilet en place sur nous, et si une intervention s’impose à l’extérieure du cockpit, nous réveillons l’autre. Ainsi va notre barque, à la vitesse d’un marathonien ordinaire, 10-12 km/h. Nous avalons les miles, nos corps ont appris à maîtriser le roulis permanent.

Oui la mer réserve son lot de surprises, et quand la nuit s’illumine de pêcheurs tout autour de vous, Agadir n’est pas loin. La réflexion nous vient de la nécessité de préserver la mer (mère???) nourricière. Trop, c’est trop ! Visiblement la pêche raisonnée n’est pas d’actualité au Maroc. Ce n’est pas parce que depuis Gibraltar nous n’avons rien attrapé qu’il faut partir vite en conclusion. Cependant la vue du port de pêche d’Agadir est impressionnante. Ils « nettoient » la mer !

Peuple accueillant, doux, et les préjugés ont la peau dure. Agadir, destination touristique s’il en est, n’a pas volé dans sa réputation. Au delà de l’aspect sécuritaire, où nous nous sentons plus en sécurité que sur le port de Toulon, il y a toute l’histoire de ces berbères, et non arabes. Avons eu la chance d’un guide pour la vieille ville d’Agadir, il nous a compté la ville avant son tremblement de terre, un homme gentil doux, agréable qui nous a permis d’apprendre énormément de choses concernant la géographie locale, l’histoire, les peuples etc. Vous l’avez compris, nous avons été séduit par cette ville dynamique, riche et pleine de ressources. Les courses au souk de la ville ont été pur enchantement. Alors s’il vous dit de venir passer un instant détente pour vous même à Agadir, nous disons : sans hésiter !

Les escales sont les moments adaptés pour les menues réparations, au-delà de la reconstitution de l’équipage. Effectivement, un souci sur un pilote automatique (nous en avons 2, ouf!), et un régulateur solaire en vrac, sont les plus significatifs problèmes à régler. Alors merci internet et le wifi pour contacter les fournisseurs et approvisionner le nécessaire.

Ainsi s’achève la news letter 2, car demain sera le départ pour les Canaries, la météo s’annonce bonne et clémente. Comptez 4 à 5 jours, sachant que nous visons Tenerife et non Fuerte Ventura ou Lanzarote.

Qqs soucis avec le site pour mettre des photos, espérons résoudre l’affaire, sorry !

23 Avril 2016

Voici notre première lettre d’information, rédigée à la mer, au « fil de l’eau », au gré de nos états d’âme ou tout simplement l’envie de vous faire partager quelque chose.

Elle vient en complément de ce qui sera mis sur notre site Internet.

La mer inquiète plus qu’elle ne rassure, et il est venue l’idée d’établir cette lettre d’information car partis depuis peu, nous n’avons déjà pas respecté le programme (mais en avons nous un?), aussi c’est nous qui sommes inquiets de ce que vous pourriez craindre. Alors autant vous expliquer.

Enfin arrivés à Gibraltar, notre première partie de voyage a été conforme aux attendus. Tout d’abord de Toulon à Ibiza la météo était conforme aux prévisions. Se faire pousser par 15 à 30 nœuds de vent de l’arrière ajoutait à notre désir de rapidement pousser vers le « chud ». Amusement de surfs le long de Majorque à 11,5 nœuds à glisser sur les vagues, nous voilà rendu à Ibiza en un peu moins de trois jours, soit un score meilleur qu’attendu, ce ne sera vraiment pas le cas par la suite. Durant cette première traversée, la lessiveuse est entrée en service et quelques « dégobilloux » sont passés par là !

La mise en jambe et l’accommodation aux mouvements du bateau aura été fatigante.

Mouillage de rêve à Ibiza, dans une crique sauvage avec un seul voilier présent. Mouillage qui aurait pu rester de rêve si le roulis ne s’était pas établi au point de nous empêcher de dormir, alors que l’objet de notre halte était de prendre un repos réparateur après trois jours de lessiveuse. Bien décidé à nous reposer après ces trois jours de mise en route, ce fût un échec, au point de déguerpir tant le mouillage était inconfortable malgré la beauté des lieux. Nous dormirons en mer !

Effectivement, nous avons dormi, dormi, dormi… aidés par une météo de curé…

Deux jours de « pétole » mole totale, nous ont contraints à 24h de moteur, beurk le moteur, appelé brise Perkins par les marins, par opposition à la brise Eolienne !!! Sans compter que le réservoir de vent est inépuisable, mais celui de gas-oil l’est beaucoup moins… Enfin le vent revenu, toutes voiles dehors par petit temps, les instants détente, bien être et bonheur, peuvent prendre place. Les températures sont encore fraîches le matin ou la nuit, en journée les 22 degrés sont fort agréables. Seule ombre, le vent vient pil poil de la direction où nous voulons aller, alors nous « tirons des bords », et voilà notre temps de parcours pour Gibraltar qui s’envole. Qu’importe, nous avons le temps. Il reste 210 nautiques jusqu’à Gibraltar. Nous ferons escale à Gibraltar pour remplir le gas-oil. A ce rythme là nous rallierons Gib dans trois jours, soit donc vers le 26 avril (rédigé le 23 avril à la mer, mais lettre envoyée depuis Gib où nous sommes en escale).

Nous ennuyer face à tout ce temps qui passe : sûrement pas. La veille nous occupe déjà beaucoup, et les quarts de nuit nous imposent de dormir un petit coup la journée. De menus travaux d’entretien, et non pas de réparation sont aussi aux rendez-vous quotidiens. Aucune avarie n’est intervenue pour l’heure, ouf ! Et c’est tant mieux. Alors entre la préparation des repas (surtout, voire exclusivement par Magali..), et la sortie des poissons de l’eau, cela occupe un peu. Bon, non pas que l’on sorte tous les poissons de la mer, mais 9kg de thon on déjà été pêchés, dont un thon rouge. Le congélateur s’est vite rempli. Cependant les poissons pêchent aussi : ils m’ont piqué un appât les salopiots !

Nous arrivons aux approches d’Alméria, et la vision du trafic maritime commercial est impressionnante, à en inquiéter plus d’un. Non pas que cela fasse peur, mais bon, comment dire… il faut rester zen face à tous ces monstres des mers (on voit des « barlus » de 400m de long). Les rails commerciaux Algérie et Gênes se rejoignent pour ne former qu’un en direction (ou provenance) de Gibraltar. Nous sommes en plein milieu de cette patte d’oie à zigzaguer dans tout cela pour ce frayer un chemin. N’ayez crainte, tout est maîtrisé, la vigilance est de mise. Bientôt nous passerons au nord de ces rails pour rester à naviguer entre la terre et ces rails commerciaux, ce sera plus confortable d’un point de vue de la navigation.

Et voilà, le rail franchi face à Alméria en 4 à 5 heures, de nuit : il vaut mieux ne rien voir, çà fait moins peur ! Non, plaisanterie, cela se présentait pour nous à cette heure là, sans idée établie. Rail franchi entre 21H et 3H du matin, la sieste d’après midi était la bienvenue, aidée par le whisky, ou la bière, je ne sais plus.

Et là tout se gâte. Éole ne vole plus à notre secours, voilà la brise Perkins qui reprend du service pour une longue, très longue durée. Plus de 24H, voire 36H de moteur non stop. Vent totalement nul, soleil au zénith, il nous faut tout de même avancer un peu. Cette foi-ci l’arrivée est programmée pour le 25 avril midi à Gib. Nous ferons 2 jours de visite et menus pleins, et hop direction les Canaries, peut être via Essaouira (Mogador) ou Agadir.

Ce jour, veille d’une escale, en bon marins, nous avons astiqué le bateau. Nettoyage, dessalage, rangements et hop une beauté pour l’arrivée. Heureusement que le dessalinisateur est là, nous ne sommes pas en manque d’eau, et cela à permis de dessaler le pont qui, depuis Toulon, avait accumulé du sel. Nous voilà pimpants après une semaine de mer, prêts à rallier notre vraie première escale.

Là on rentre dans le patos : Ces instants sont pour moi magiques, car ils sont « ma marine », celle que j’ai vécu durant ma carrière, et qui se poursuit aujourd’hui. Des instants aussi simples que beaux, que sont les levers/couchers de soleil, ou lune, l’apéro sur le pont à l’avant au coucher de soleil, sans oublier cet horizon éternellement plein de quelque chose : bateaux, poissons, brises, pollution, montagnes visibles à plus de 100km, canne à pèche qui appelle à la rescousse… etc. Certes les conditions sont particulièrement clémentes. J’ai beaucoup croisé dans ces zones, tant en sous-marins qu’en bateau gris (Jeanne d’Arc ou autres), et cela reste toujours un émerveillement de pouvoir voir cette mer sous toutes ses formes. Et puis la gestion de la navigation, des règles de sécurité, du suivi du bateau, est stimulante. Un peu l’impression de revivre des heures d’opérations sur les différents bâtiments sur lesquels j’ai embarqué, seul à méditer la nuit à préparer le lendemain. Des instants contemplation qui apaisent les tensions.

Retour vers le futur : Ce jour (24) une micro avarie du groupe de mise en pression de l’eau douce du bord m’a conduit à sortir la caisse à clous. Pas de quoi occuper la journée, mais au moins 1/4 d’heure.

Avril 2016

« Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité », Antoine de St Saint-Exupéry.

Nous pourrions philosopher et méditer là dessus.  Nous préférons vous laisser conjuguer cela au positif et donner de la joie dans les cœurs.

A la rédaction de ces lignes, nous avons appareillé, et histoire de se mettre doucement en jambe (ou en mal de mer…), nous mouillons 24H à Saint Mandrier, et dimanche 16 avril au matin sera la mise en route vers le sud.

Mars 2016

A l’heure de la rédaction de ces lignes, le départ est imminent… 2 semaines… Quel chemin parcouru depuis maintenant 2 ans… La fatigue des préparatifs est là, il nous tarde à présent de mettre les voiles, larguer les amarres et aller vivre des instants exceptionnels que nous tenterons de vous faire partager au mieux. Nous reviendrons en détails sur les difficultés franchies, et pas des moindres : la pression sociale ! Les problèmes techniques ne sont rien à côté des pressions externes… QOVOP : Quand On Veut On Peut… ne perdez pas le fil de vos aspirations et la ligne directrice que vous vous êtes fixée si un jour vous envisagez une aventure similaire… Il y a plus de raisons de renoncer que de réaliser, alors soyez solides.

Quant aux préparatifs finaux, il s’agit de rendre le bateau confortable par de la décoration, des tentures qui rendent le bateau douillé, finir les tâches techniques non achevées, quelques vernis de ci delà etc… Les pleins sont faits : tant alimentaires que carburant ou eau etc… le whisky est chargé… j’ai même l’impression que nous n’avons pas laissé de place suffisante à l’imprévu et la découverte des cultures alimentaires et boissons des pays que nous allons découvrir !! Promis, nous allons consommer les vivres embarqués pour libérer de la place et ainsi approvisionner des produits locaux. Les coffres sont pleins pleins pleins, et de plus tout l’électroportatif de bricolage est embarqué…

Première étape : Ibiza, puis Gibraltar, Essaouira et Tenerife début mai. Ensuite nous prévoyons la transat depuis l’île de la Palma (Ouest de Tenerife) vers début juin pour Guadeloupe début juillet.

Fév 2016

Nous voici de retour sur le site après une longue absence. Les préparatifs avancent et nous accaparent énormément. Jugez plutôt : il nous faut vider la maison, assurer sa mise en location, préparer le bateau dans sa version finale : càd un carénage sérieux, déménager la maison, etc.

Depuis septembre Magali a pris un congé sabbatique, Eric est intervenu sur le bateau (voir onglet Avaries). Le salon nautique  nous a permis d’achever les dernières choses (matériel de sécurité pour homme à la mer par exemple, ou contrat d’assurance…)

Et enfin un carénage à Bandol durant tout le mois de Janvier, et ce n’était pas un luxe, malgré une carène plutôt propre avec assez peu de coquillages, il faut souligner que cet été nous avons gratté, gratté lors de nos mouillages. Dans 2 ou 3 ans on recommence pour le carénage…

Notre départ se dessine pour le 15 avril… suivez bien l’onglet « Où sommes nous ? »…

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