Février 2017

Semaine 9/2017 (27 Février – 5 Mars 2017) : Cueillette de requin et langoustes dans « Los Jardines de la Reina »

Arrivée dans l’après-midi à Cayo Cuervo, nous sommes les premiers et tentons une approche de la passe pour pénétrer dans le lagon. Essai manqué, nous talonnons légèrement, sur du sable. Nous mouillerons finalement en dehors du lagon. Le mouillage semble tenir, mais là encore le vent se lève, les fonds accrochent mal (herbiers + sable) et à 1 heure du mat’ nous filons mouiller à peine plus loin histoire de ne pas se retrouver sur les cayes (coraux) si le bateau chasse rapidement. La nuit est très mouvementée, 25-30 nœuds de vent, ça brasse, la mer se lève et une vague entre dans le compartiment avant… Yamila est trempée, il est 2heures du matin… On a tous envie de se barrer. Allez hop, on se réveille, on met en route vers Cayo Breton, Canal Grande. Nous continuons notre avancée progressive vers Cien Fuegos où nous avons décidé d’être rendus le 5/3 puisque Yamila décolle de la Havane le 7/3.

Fin de matinée, à l’approche de Cayo Breton, nous pêchons, c’est la 3ème touche de la matinée (un barracuda rejeté à l’eau, un 2nd non identifié qui s’est sauvé avant d’être remonté)… et c’est un requin !!!!! Il a été pris avec un leurre minuscule, en le remontant on craint que le leurre casse ainsi que le fil… Mais visiblement, l’hameçon est croché dans les entrailles du bestiau. On lui plante le crochet dans la bouche et je le tiens à bout de bras (il est lourd !!!) puis à deux nous le remontons sur Masim’s. On n’en revient pas, on est surexcités !!! C’est bien un requin, d’1m50 et de 22 kg (nouveau record de pêche à battre) !! Jean et Eric s’occuperont pendant 2 heures à le découper. Le congélateur est plein. A Cayo Breton, il y a une toute petite plage, comme une minuscule île, nous y passons un bout de l’après-midi à faire trempette dans 50 cm d’eau turquoise très chaude. Le soir, rebelotte, le vent se lève et nous chassons à toute allure. Nous remontons tout et plantons de nouveau l’ancre ; ça croche ! ouffffff ! Marre de chasser… d’autant qu’on a vu une coque de bateau retournée (les pêcheurs locaux nous diront plus tard que c’est un couple de français qui a chassé l’année dernière, les pêcheurs sont venus les secourir). La nuit se passe bien. Appareillage le mercredi 1/03 pour Cayo Zaza de Fuera. L’arrivée est un peu stressante. Là encore la zone est très mal hydrographiée ; je prends mon poste de veille à l’étrave pour tenter d’éviter les cayes tant redoutées… Évidemment cela ne fonctionne vraiment bien que quand le soleil est au zénith ; ce qui est le cas aujourd’hui. Pas de talonnage.

Le mouillage est hyper calme, planqué entre la barrière de corail et la mangrove. D’ailleurs, ici la mangrove est superbe, l’eau très clair malgré l’aspect vert dû à l’immense vie sous-marine liée aux palétuviers. On peut « se perdre » dans les méandres de la mangrove, faire le tour de l’île et admirer le vol « lourdeau » et amusant des cormorans effrayés. Ici, pas de pélican…. Mais plein de langoustes : c’est la 1ère vraie pêche aux langoustes pour le commandant et là encore, il est heureux. 6 langoustes dont une d’1,5kg. Et on remet ça le lendemain… le congel est plein plein plein… On n’a pas le temps de consommer. Les nuits se succèdent calmement et les journées sont ponctuées là encore de visites de pêcheurs qui nous échangeraient bien quelques langoustes contre de l’alcool, des fringues ou du savon !!

Jeudi nous quittons les Jardins de la Reine pour Cienfuegos. La navigation est variée, zéro vent, 30 nœuds de vent… ça change souvent pendant la nuit. Nous arrivons au petit matin dans la grande baie de Cienfuegos et ô surprise…. Le mouillage est rempli de bateaux et la marina affiche complet avec une foule de catamarans charters !

Ah ben cette fois, c’est un vrai changement… Cienfuegos n’a absolument rien à voir avec Santiago de Cuba. Ici, on se croirait un peu dans une cité balnéaire européenne. Il y a des hôtels en bord de mer (avec des plages et des gens qui se baignent dans une eau disons pas très claire puisque nous sommes au fond de la baie), des minettes américaines qui prennent des selfies à tour de bras, des jeunes mannequins qui prennent la pose sur les « plages » des hôtels, des cafet’… et dans la ville de Cienfuegos on trouve une superbe rue piétonne très animée en ce premier samedi du mois où la tradition veut que la fête (musique et alcool) commence dans la journée et se termine tard dans la nuit. Les jeunes arborent des coiffures à la Justin Bieber, les minettes semblent sortir de chez Zara (pas vu de Zara dans le coin..)… Bref, on a l’impression d’être dans une ville de chez nous, bien animée, élégante qui plus est. Il y a de nombreux touristes, taxis, bici-taxi.. On est, de fait, beaucoup moins dépaysé qu’à Santiago. Évidemment, cette impression ne tient que si l’on est cantonné dans la zone à touristes, ce à quoi tend le gouvernement cubain : d’un côté les touristes, de l’autre les locaux.

 

 

Semaine 8/2017 (20-26 Février) : Cuba libre !!!

Nous profitons du mouillage hyper calme de Punta Gorda (Santiago de Cuba) pour monter le commandant en tête de mât…. Grrr nous avons perdu l’antenne du Navtex. Sur le mât d’artimon c’est l’arceau de protection du radar qui se fait la malle. Bref, de la bricole en vue histoire de ne pas perdre la main. Tout est réparé si bien que nous trouvons le temps d’aller au Morro del Castillo, la forteresse qui devait jadis protéger l’entrée de la baie de Santiago. Le château est dans un état remarquable, la vue sur la mer des Caraïbes est à couper le souffle, la visite vaut vraiment le coup.

Un petit apéro sur Masim’s avec Edenchris et Paprika et il est temps de mettre les voiles pour Los jardines de la Reina avec un mouillage en cours de route, à Cabo Cruz.

Je ne vous cache pas que nous sommes hyper contents de quitter Santiago de Cuba et sa pollution. Nous avons tous mal au nez ou à la gorge et le bateau est dans un état épouvantable : il est recouvert de toutes petites tâches jaunes qui lui donne bien triste mine. Il y a peu de vent pour le départ, nous serons vent arrière un bon moment. Le vent est si faible que nous optimisons chaque brin d’air : spi envoyé, génois tangonné… La mer est si calme que nous brossons Masim’s pour lui ôter toute trace de pollution. Le vent se lève, 20 nœuds de travers et l’arrivée à Cabo cruz se fait de nuit, vers 19h00 ; ambiance tendue sur Masim’s : l’endroit est vraiment mal pavé, les cartes ne sont pas à jour et le chenal d’accès n’est pas bien large. Heureusement Jean et Christine sont arrivés de jour et nous guident à la VHF pour l’arrivée. Ouf, ça fait du bien quand ça s’arrête. Un conseil, pour ce coin là, munissez vous du guide « CUBA » de Nigel Calder aux éditions Imray Laurie Norie & Wilson. Le guide indique bien la barrière de corail et les coordonnées du mouillage le plus « safe ».

La nuit qui va suivre ne sera pas des plus drôles. Vers minuit, le vent a fortement fraîchi … jusqu’à 37 nœuds. Masim’s a chassé puis croché de nouveau. Vue la configuration des lieux (coraux, espaces très contraint…), l’équipage est sur le qui-vive le reste de la nuit. C’est dans ces moments-là qu’on se demande pourquoi on vit sur un bateau et pas dans une maison bien ancrée dans le sol. A 7h45, les officiels débarquent… à la rame (pourtant ça souffle et la distance entre la terre et le mouillage est assez importante) : 1 rameur, 1 douanier avec le chien anti-drogue et 1 garde frontière. Ils vérifient les papiers et s’en retournent… à la rame ! On a bien vu 2 vedettes officielles amarrées au ponton mais on se dit que soit elles sont KO, soit le carburant coûte trop cher.

Visite de Cabo Cruz où il n’y a rien sinon un superbe phare et un cantonnement de garde frontière avec un vrai Mirador, un vrai radar (mais qui ne tourne pas). Dans le coin, les gens ont l’air beaucoup plus heureux qu’à Santiago. Peut-être ne souffrent-ils pas des tentations que la ville, les touristes apportent et que les cubains ne peuvent pas s’offrir. A Cabo Cruz, les pavillons sont très bien entretenus. Chacun possède des arbres fruitiers (agrumes), un potager (poivrons, ignames…) et des animaux (canards, cochon, poules, dindons…..). Dans le village très éloigné des grandes villes, il n’y a pas grand-chose sinon un commerce qui vend des petits pots pour bébé et des chewing-gums à prix d’or et un commerce officiel (d’État) qui fournit les produits de base à des prix défiants toute concurrence : riz, huile, farine, savonnette… n’imaginez pas une supérette c’est simplement un comptoir avec un seul choix pour chaque produit. Il n’y a rien de superflus, juste le strict nécessaire, pour le reste c’est le système D. Ici une brouette c’est un cadre en fers à béton, avec une roue (poussette, vélo, moto ….), sur lequel est posé une caisse.

Nous partons à la recherche de citrons verts (introuvables à Santiago de Cuba). Les citrons verts sont doublement importants à bord : ils sont essentiels pour le rituel détox du matin de Yamila et pour le rituel ti-punch du commandant à l’apéro du soir. Nous rencontrons Elio, un papy local qui nous offre des citrons. Pas moyen de lui payer, il ne veut rien. Après avoir insisté il accepte que nous lui apportions des hameçons et autres trucs de pêche. RDV est pris pour le lendemain. Il est ravi de ce que nous lui apportons. Il nous accueille chez lui avec une partie de sa famille, nous offre un café et nous discutons avant de repartir avec un gros sac de citrons verts et d’oranges amères qu’ils utilisent ici pour la cuisine.

Cabo Cruz c’est aussi l’occasion de renouer avec la pêche. L’eau est superbe. A peine je m’éloigne de l’annexe que je croise 3 énormes barracudas… ça refroidit. Merci à Jean pour les poissons… le capitaine… mmmmm. Quant aux langoustes nous ne chopons rien mais nous nous rattrapons avec une énorme langouste qu’un jeune pêcheur nous amène le long du bord, à la nage et que nous lui échangeons contre divers objets.

Vendredi 24 février, nous mettons les voiles dans l’après-midi. Le temps d’un aller-retour à la douane (qui n’a pas le courage de ramer jusqu’au bateau avec cette météo capricieuse) pour récupérer les papiers et un calamar se jette sur Jean et atterrit dans l’annexe. Ce sera parfait pour l’apéro !

Pas de vent en direction des Jardins de la Reine. Nous avançons au moteur. Quant à la pêche à la traîne : juste une tête de thon ; le reste ayant été avalé par un plus gros poisson (barracuda, requin ???).

 

Semaine 7/2017 (13-19 Février 2017)   : Un petit coin d’Afrique aux Antilles

Lundi matin c’est balade avec Christine et Yamila, direction le marché de Mme Bernard, la boutique Digicel et l’orphelinat de sœur Flora. Nous partons toutes les trois à pied. Pas de soucis pour trouver le chemin puisque je l’ai fait en moto avec Eric lors de notre venue en novembre dernier…. Et puis de toute façon il n’y a qu’une piste alors nous n’avons qu’à nous laisser guider ! Il nous faut 1h30 pour parcourir les 7km sous un soleil de plomb. Le chemin est agréable et permet de se plonger au cœur de la vie locale : culture des champs avec les bœufs, les cochons en laisse un peu partout, les fabriques artisanales de charbon de bois…. Sur place, Yamila part visiter l’orphelinat pendant que nous tentons notre chance avec Christine auprès d’une boutique (une table, une chaise et une tôle en guise de toit) DIGICEL histoire d’avoir un peu d’Internet sur le bateau. Missions réussies (laborieusement) et nous filons au marché pour retrouver Eric qui lui, est arrivé par la mer sur le bateau d’Odilem. Odielm est un gars que nous avons rencontré en novembre : il avait une coque mais pas de voiles. Nous lui avons donné voiles et cordages et il nous avait promis de gréer son bateau lors de notre prochaine visite. On a été ravi de voir qu’il avait bien monté ses voiles et on lui a demandé de nous faire faire un tour sur son bateau péyi. Nous voilà embarqués sur Bondieula avec Odilem, Jeff et Limane pour un retour sur Kaykok. Leurs bateaux sont des œuvres d’ingéniosité ! tout est bidouille, bricolage mais tout fonctionne à merveille : l’équipage est rodé, synchronisé. Nous filons à 4-5 nœuds au ras de l’eau pendant une heure. Un pur moment de bonheur et de partage. Une fois arrivés, nous filons faire un petit bain (nous sommes grillés par le soleil) et stop, nous sommes fourbus !

Voilà que notre escale en Haïti touche déjà à sa fin. Nous partons mercredi pour l’île mythique de Cuba mais avant toute chose nous irons faire la fête avec tous ces gens superbes puisqu’une soirée St Valentin est organisée chez Felix. Eric a choisi le menu langoustes… il en a 6 rien que pour lui ! On papotte, on danse local, on rit, on dit au revoir à tout le monde. Nous nous sentons vraiment bien à l’île à vache.

A nous Cuba !!! Nous partons avec si peu de vent que nous tangonons quasi immédiatement le génois et le spi… c’est du bonheur, il n’y a pas de houle. La première nuit, nous filons à 6-7 nœuds, nous pêchons notre plus belle daurade coryphène (7 kilos) avant que ça se calme vraiment… tant pis, nous nous traînons à 2-3 nœuds mais pour notre plus grand bonheur puisqu’une baleine va venir nous tenir compagnie une bonne partie de l’après-midi, tourner autour de Masim’s, passer sous l’étrave, s’approcher à 5mètres du bateau… c’est superbe ! Au coucher du soleil, c’est un banc de dauphins qui nous ravira.

Arrivée en milieu de matinée à Santiago de cuba. Nous ne sommes pas très à l’aise dans la mesure où les guides indiquent tous que les autorités ne sont pas très « rigolotes ». On cherche donc à s’annoncer aux autorités à la VHF mais personne ne répond. Finalement, les autorités nous contactent à l’approche de la marina. Le contact est agréable et cordiale. Nous sommes incités à ne pas sortir du bateau avant l’arrivée des autorités à bord. Finalement, une doctoresse viendra à bord de Masim’s tandis que les douanes nous demandent juste nos passeports. La doc contrôle nos températures, les pâtes (bestioles ?), le frigo, les toilettes…. pas de soucis, nous la ramenons à terre. Tout devrait bien se passer si nous respectons les règles : on utilise pas le dinghy pour se balader et on laisse la bateau à portée de vue de la capitainerie histoire qu’on ne file pas en douce… c’est assez surprenant mais finalement pas si oppressant que ça. On comprend que les fonctionnaires ont des règles à faire appliquer et ils le font, ni plus, ni moins.

L’après-midi nous filons à la ville (à une quinzaine de km de la marina) pour faire du change. A Cuba, il y a deux monnaies : le peso convertible (CUC, 1 CUC = 1€) et le peso cubain (1 CUC = 20 pesos). Les étrangers ne sont censés utiliser que le CUC mais au marché on ne peut payer qu’en pesos cubain… on a donc 2 porte-monnaie et je sens qu’on va beaucoup compter dans ce pays !

Nous avons pris un taxi, Léo, pour se rendre à Santiago. Nous en avons eu pour 15 CUC aller-retour.

Le lendemain, c’est un retour à Santiago de Cuba dans l’intention de faire le plein de fruits et légumes puisqu’il semble que l’on ne puisse rien acheter aux alentours de la marina. Nous prendrons cette fois le ferry, la lancha. Comme d’hab, nous bénéficions d’un tarif privilégié puisque nous payons 1 CUC (1€) quand les locaux semblent débourser 5 pesos (25 centimes d’€). Le ferry permet de côtoyer les gens d’ici et de partager leur quotidien : ça chante, ça danse, ça donne le sourire ; tout le monde a l’air heureux. Le port marchand de Santiago, où nous débarquons est aussi surprenant que le reste : un boulevard démesuré pour le nombre de voitures qui y circulent, des gros bus de touristes rutilants, des genres de pousse-pousse fabriqués tantôt avec des roues de camion, tantôt avec des roues de moto, des camions russes des années 60, des belles américaines, des supermarchés qui n’en ont que le nom… bref, un sacré mélange entre anachronisme permanent et mélange de cultures (russe, espagnole ….)… on ne sait plus très bien où l’on est ni quand ! On file sur la place de l’hôtel Casa Grande pour faire un peu d’Internet. A cuba, ce n’est pas hyper simple d’accéder à Internet, mais on y arrive malgré tout. Pour le marché…. Comme la quasi-totalité de l’économie locale, il est réglemente par l’État : les prix sont affichés à l’entrée du marché couvert et les prix défient toute concurrence : 40 centimes d’€ le kilos de tomates, 50 centimes d’€ pour un énorme choux, 1 les deux ananas ….Un conseil : munissez vous de stylos, ça semble être une sacré bonne monnaie d’échange puisque tout le monde en demande !

 

Semaine 6/2017 (6-12 Février 2017)   : Bye bye Martinique

La traversée est agréable, malgré le gros roulis dû au vent-arrière. Yamila et moi sommes bien barbouillées pendant 2-3 jours et notre hôte recevra la visite de dame Gerbeline. Vue l’allure (vent-arrière), nous avons tiré des bords (route en zig-zag) afin de ne pas abîmer le matériel. Certes le chemin est au final un peu plus long (10% de plus) mais c’est beaucoup plus agréable : les voiles tapent moins, nous roulons un peu moins et nous cassons aussi beaucoup moins !

La météo est avec nous : 20-25 nœuds de vent… si bien que nous ne hisserons le spi que le premier jour. Nous avançons bien : Masim’s est toujours aussi lourd alors quand nous faisons des journées à 140 milles, nous sommes très contents !

Comme d’hab, la vie à bord pendant la nav’ est rythmée par les lectures, les réglages de voiles et … très important… les repas ! Pour cette traversée nous sommes deux cuisinières et c’est doublement génial parce que l’on n’est pas obligé de cuisiner TOUT le temps (on se relaie) et que chacune redouble d’imagination pour régaler l’équipage. Bref, comme d’hab, pendant les nav’, on fait du gras… On aurait toutefois bien aimé cuisiner du poisson mais nous n’avons rien pêché du tout en effet, il y a trop de sargasses (herbes) qui s’accrochent en permanence sur les hameçons.

Côté technique : nous avons visiblement abîmé la connectique électrique qui nous permet de recevoir les informations de l’anémo et de la girouette depuis la tête de mât… Ça marche ça marche pas …bref, le commandant file un coup de poing électronique dans le bidule et ça a l’air de fonctionner mieux. Toujours côté avarie, nous avons un petit souci sur l’enrouleur de génois où les rivets de maintien sautent les uns après les autres. Au départ il y en avait 8, à l’arrivée plus que 5 en place, mais 2 seulement qui tiennent vraiment…

Et bien voilà, une petite traversée qui fait du bien , ça faisait un peu plus d’un mois que nous n’avions pas vraiment navigué ! Nous arrivons le samedi après-midi à l’île à vache après deux jours trèèèèèèès calmes sauf un gros gros grain qui est tombé pendant le quart du commandant. Eric souhaitait tellement que le bateau soit lavé que le ciel lui a donné ce qu’il voulait ! hahahaha

Quermoz et Edenchris sont arrivés avant nous…. Nous sommes irrémédiablement plus lents que tout le monde mais nous arrivons sans casse et avec un équipage en forme. Dès le premier soir, nous allons dîner dans une cahutte locale, « chez Ruth » : un grand abris en bois et en feuilles de coco, 4 marmites en guise de cuisine… et on se régale ! Maintenant nous avons vraiment besoin de dormir toute une nuit (sans quart) c’était sans compter sur le front orageux qui est passé au dessus de l’île à vache pendant la nuit et qui a déversé des litres d’eau sur Masim’s. Et quand il pleut, ça fait un bruit de dingue dans le bateau et surtout… il fait très chaud puisque nous sommes obligés de fermer tous les hublots. Finalement la belle  nuit tant rêvée ne sera pas celle là.

Dimanche matin, nous nous faisons réveiller par les services de l’immigration-douanes-agents communal… bref, un gars avec un badge qui se prétend de l’administration haïtienne avec un grand « A ». C’est nouveau nous dit-il…. On lui doit 5€ de taxe de mouillage, + 20€ pour le bateau + 10€ par passeport…. Bref, ça commence à faire beaucoup. On discute un peu, je lui dis que mon papa est un ancien gendarme et ça va beaucoup mieux. Lui aussi c’est un ancien gendarme (enfin à ce qu’il dit)…. Bon finalement, on remplit ses 3 papiers bourrés de fautes d’orthographe, on lui donne ces 5€ et une bouteille de rhum et il embarque nos poubelles !!! Ça c’est fait !

Sinon le dimanche est dédié à la recherche d’internet et du change de monnaie. Ici, on paie en Gourdes, l’abréviation est HTG pour « Haïti gourdes ». Seulement deux missions pour une journée et pourtant ici rien n’est simple puisque nous ne trouverons pas d’Internet aujourd’hui. On remet ça à demain. Dans l’onglet « Bons Plans » nous avons mis comment avoir de l’Internet à l’île à vache.

Une petite aparté sur les formalités en Haïti :

Quand nous sommes venus en novembre dernier, nous n’avons réalisé aucune démarche administrative puisqu’il fallait nous rendre à la ville des Cayes… etc… et que nous n’en avions guère envie. Depuis, les choses ont changé : il faut s’acquitter d’une taxe de mouillage pour l’île à vache. Nous avons pris quelques renseignements auprès de plusieurs locaux avec qui nous avions déjà sympathisé lors de notre précédente venue afin de connaître le vrai du faux. Vous serez donc accueillis (ou visite éventuelle le lendemain de votre arrivée) par un agent communal, Jean-Vilemme. Il vous demandera 5€ pour le mouillage + 20€ pour le passeport et éventuellement d’autres trucs…. Il n’est autorisé à vous prendre que les 5€ (au profit de la commune de Kaykok) ; pour les 20€ par passeport, c’est à votre guise. Je m’explique : si vous souhaitez que votre passeport soit tamponné, alors il faudra vous acquitter de 20€ par tampon. Mais attention toutefois, si vous voulez ce fameux tampon, je vous conseille de ne pas confier vos précieux papiers à Jean-Vilemme mais de vous rendre par vous-mêmes à la ville des Cayes (200 gourdes aller-retour par bateau). Aucune autre taxe ne peut vous être demandée. Au cas de conflit, je vous conseille de vous rendre à la salle communautaire de Kaykok pour aplanir les choses. Le petit point positif de cette taxe de mouillage c’est que désormais, l’agent communal ramasse vos poubelles le long du bord.

 

14 Février 2017 : Notre trajet vers Cuba avance tranquillement. Nous avons fait une pause à Haïti, l’île à vache, et nous prévoyons de continuer le 15 fév vers Cuba. Arrêt de 4 jours qui a permis de réparer les petites avaries, les nôtres, comme celles des copains. Endroit superbe, nous mettrons des photos de ce lieu magique de l’île à vache.

4 Février 2017 :

Nous mettons en route pour Cuba à 3 bateaux amis. MTO annoncée très agréable : vent d’Est 15 à 25 nœuds, 2,5 mètres de creux mais pas de houle. Nous serons au portant, j’ai préparé le spi. 1000 nautiques à parcourir (1800 km), nous prévoyons 10 jours de mer et un arrêt à Haïti une semaine après le départ, il restera ensuite 3 jours de mer maximum. Le trajet prévu est direct de la Martinique -Le Marin- jusqu’à l’île à Vache (petite Ile au sud-ouest d’Haïti -voir la carte de navigation de notre premier passage à Haïti en novembre dernier dans l’onglet « ou sommes nous »-). Pour cette sortie nous avons embarqué avec nous une amie suisse d’origine étrangère et qui vit en France… Notre charmante italienne a débarqué au Marin, elle vogue à présent avec le trimaran italien du champion du monde de la traversée New-York – San Francisco, que nous avons côtoyé au Marin. Une équipe qui part en compétition sous peu et qui a un palmarès incroyable. Ils n’ont que « quelques tour du monde à leur actif » : Giovanni Soldini, (voir aussi Wikipedia).

 

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