Mars 2017

Semaine 13/2017 (27 Mars – 2 Avril 2017)

Nous voilà partis de Los Roques pour la Guadeloupe… Nous espérions sur un peu de vent d’Est Sud-Est… et bien c’est raté… un bon vent d’Est Nord-Est… pouhaaaa un peu marre du prés serré mais tant pis, on n’a pas d’autres choix que de continuer alors on prend notre mal en patience et on bouquine tout ce qu’on peut bouquiner. La météo est plutôt clémente et agréable. On croisera une tortue de mer en plein milieu de la mer jolie… trop sympa, le commandant ne résiste pas à la tentation d’un plongeon auprès d’elle. D’abord elle est méga curieuse. Tout le temps de notre présence, elle reste proche du bateau, en aucun cas effrayée.

La méga bonne nouvelle de la semaine c’est que le commandant est motivé pour intervenir sur le dessalinisateur qui, je vous le rappelle, nous produit de l’eau salée depuis quelques semaines. En pleine mer, il tente de changer la membrane… après s’être mis une pression de dingue, d’avoir tout bien préparé son intervention… il réussit et ô miracle, l’eau douce (vraiment douce) est revenue sur Masim’s. Yahoo, yahoo ! je l’aime mon commandant !!!

On monte au Nord, on met beaucoup le moteur. Il faut dire qu’on en a un peu marre et qu’on a envie de voir le bout du tunnel. Le vendredi 31 mars sera une journée pour le moins désagréable… il nous faut passer le canal des Saintes (entre les Saintes et Basse-Terre). On se prend un bon vent de face, un bon courant de face, on se traîne à 2 nœuds pendant environ 10 heures. Marre, marre, marre…. Mais ça sent l’arrivée. Dès que nous avons du réseau, nous appelons la marina pour réserver une place et là, de quoi nous saper le moral…. : « ah ben nous, nous n’avons plus de place au port » … « quoi ? » … je suis dépitée, littéralement dépitée. Nous n’avons pas d’autres solutions puisqu’il n’y a aucun autre port capable d’accueillir Masim’s en Guadeloupe. Bref, c’est vraiment une journée sans fin. Nous pensions accoster dès le lendemain, prendre les dispositions pour « hiverner » le bateau, se munir de billets d’avion pour la métropole et hop là, s’envoler dans la foulée… et bien c’est pas gagné. On plante la pioche à notre îlet du Gosier préféré en début de nuit et ça fait du bien. Demain il fera jour !

Après une bonne nuit au calme, nous choisissons l’option culottée puisque nous nous pointerons à la marina dès le matin en arguant que si si nous avons bien réservé une place pour Masim’s. Ok, ce n’est pas trop notre genre mais là, pas d’autres solutions. Et ça fonctionne !!!!! yahoo, on n’est pas peu fiers. Nous sommes bien amarrés et recevons dans l’heure qui suit la visite de notre Maria préférée !!! si, si ! Elle s’occupera de Masim’s pendant nos 2 mois d’absence.

Les billets d’avion sont pris, nous décollerons le 4 avril. Pas « le temps de niaiser »… on range l’accastillage, on nettoie le bateau à fond à fond à fond…

A bientôt !

 

Semaine 12/2017 (20-26 Mars 2017): Vénézuela

Vénézuela

Après une semaine de mer, nous avons pris notre petit rythme à bord. Comme par enchantement, la mer se calme pour le plus grand bonheur de l’équipage. Nous continuons à tirer des bords, mais le moral est au beau fixe, nous avançons doucement mais nous avançons.

Nous croisons des cargos en permanence. Ici, à l’approche du Vénézuela, il y a énormément de cargos et surtout de pétroliers qui viennent faire le plein dans le coin avant de repartir dans leur port d’attache (Hong-kong, Agadir, Singapour….). On en profite pour réviser notre géographie quand nous ne connaissons pas les ports de destination ou de provenance.

Un thon rouge à la ligne… Ahhh depuis le temps que j’en demandais un au commandant !!!

A l’approche des « Roques », le trafic s’intensifie notamment avec les pêcheurs qu’il faut en principe surveiller étroitement (changement de cap brusque, chalutages, personne à la barre quand tout le monde dort …).

Bref, après 2 semaines de mer depuis Caballones (Cuba) nous voilà rendus aux Roques où nous avions projeté de se rendre afin de faire du carburant à pas cher !

Nous arrivons au port d’El Gran Roque un vendredi en fin de journée (le 24/3). On parle de port, mais il n’y a pas vrai de quai ou quoi que ce soit qui rappelle les infrastructures d’un port. Notre première surprise, c’est qu’il y a des quantités d’oiseaux (pélicans et autres) et des quantités incroyables de poissons… logique, en principe les deux vont de paire. Il y a quelques voiliers (tous du Vénézuela) et pas mal de bateaux de pêcheurs, voire une grosse quantité. Il semble qu’ici, chaque habitant de l’île dispose de son embarcation motorisée. Toute la fin de journée, nous les voyons passer dans un sens, dans l’autre, puis revenir… Moteur tournant, chacun traîne sa ligne. C’est certain, ici, le carburant n’est pas cher !

Après une vraie nuit depuis 2 semaines, nous sommes d’attaque pour faire ce que nous adorons : les formalités !! Passage par La Guardia, nous sommes invités à nous rendre chez les Guardicostas après quoi nous devrons passer au bureau de l’immigration faire tamponner nos passeports et enfin s’acquitter d’une taxe de séjour auprès des autorités du parc de Los Roques….. et tout ça en espagnol évidemment puisque personne ne parle anglais !!!! Évidemment, l’île est minuscule mais tous ces bureaux sont éloignés à chaque fois de 300 voire 400 mètres… au moins nous visitons cette charmante bourgade où il n’y a pas de macadam… les rues ne sont faites que de sable. Au milieu des habitations, il y des dizaines de Posada (sortes de Bed & Breakfast) plus ravissantes les unes que les autres ! Bref, revenons-en à nos moutons : les formalités. Évidemment nous profitons de traiter avec les autorités pour savoir où faire du carburant, le tarif, où faire du change, le taux en vigueur… etc… et là, c’est la douche froide !! Après avoir réellement galéré à se comprendre, le gars nous dit que c’est 1$ le litre de gazole ! Urps… ce n’est pas du tout ce à quoi nous nous attendions, mais alors pas du tout. Muy caro (trop cher), c’est impossible. Les gars ne disent rien, on ressort de là, un gars nous suit et m’explique que pour les étrangers le tarif n’est pas le même que pour les locaux… ah déjà… que si on veut il peut nous faire le litre pour 50 cents…. Ok, mais Muy caro ! Je réussi à faire lâcher le prix d’un litre de carburant pour les locaux : 1 bolivar. Ok, quel est le taux de change ? 1$ = 600 bolivar. (Ne cherchez pas à convertir euros et dollars, en ce moment, nous les européens on se fait avoir puisque partout dans les Antilles, 1$ = 1€). Whaou, on paierait donc le litre de gazole 600 fois plus cher qu’un local…. Et bien non en fait, c’est pire que ça… nous ne changeons pas l’argent à la banque (me souviens des précieux conseils de Christine) mais au marché noir ; 1€ = 2200 bolivars (je vous dis pas le nombre de biftons qu’on a quand on change 50€ !!!!). On paie donc 2200 fois plus cher parce que nous sommes des étrangers et évidemment nous sommes riches comme Crésus. D’autant que le taux de change dont nous avons bénéficié n’est sûrement pas le meilleur ! Ok, on est dépité !

On file au parc pour s’acquitter de la sommes qui va bien (on nous a parlé de 15€ pour un forfait de 15 jours). 2ème douche froide : 168 000 bolivars pour 2 personnes !!! whaou donc entre 70 et 280 € suivant le taux de change dont vous avez bénéficié. Muy caro… on choisit de ne pas rester, d’autant que nous ne voulions rester que 3 jours, nous entamons donc le processus de sortie des Roques. C’est reparti pour un tour, avec tous les bureaux dans l’autre sens avec en plus la Marina… etc…. Vivement que ça s’arrête. Nous sommes blasés !!!!! Une consolation malgré tout, c’est que sur la place du village, il y du wifi gratuit et qui fonctionne super bien (2 heures de skype avec mes parents… le pied !!)… après Cuba, c’était inespéré. C’est incroyable, on est sur une minuscule île et on peut se connecter gratuitement !

En repartant nous filons sur le bateau de pêcheurs qui mouille proche de Masim’s et dont le doux ronron du générateur nous a bercés nuit (presque) et jour. On leur demande au culot de nous vendre du carburant, ils sont ok. Nous arrêtons l’affaire sur 450 litres pour 120€. Évidemment, on est à des années lumières du tarif local, mais nous du carburant à 25 ou 27 centimes le litre, ça nous convient très très bien, et à eux, évidemment aussi ! De toute façon, il est impossible d’en acheter en ville puisque le gouvernement à organisé ça bien. Seuls les Vénézuéliens détenant une machine nécessitant l’utilisation du carburant peuvent en obtenir contre présentation de la fameuse autorisation. Mais si vous avez un moteur à essence (comme 95% des petites embarcations locales), vous ne pouvez acheter que de l’essence et non pas du gasoil. Et pour les voitures ? il n’y en a pas, sauf celle des urgences.

Les gars du bateau de pêche avec lesquels nous avons fait affaire nous demandent d’apporter nos bidons vides une fois la nuit tombée. Évidemment, c’est complètement illégal et ils n’ont pas envie de se faire toper… euh nous non plus d’ailleurs. Le plus drôle là dedans c’est que deux frégates de la marine Vénézuélienne sont venues mouiller ce matin au cul de Masim’s… si bien que nous envisageons le transfert illégal de carburant sous les yeux de l’Armada Vénézuélienne !!! La manip s’engage mal quand à 21 heures les gars ne sont toujours pas sur leur bateau (alors, que l’horaire convenu était de 19h). On commence à perdre espoir en se disant que Los Roques c’est naze… même si l’eau est absolument ma-gni-fi-que et que le village dégage une atmosphère de bien être avec ses rues sablées ombragées. Puis finalement vers 21h20, ils débarquent. Ok, les bidons sont remplis, 2 gars viennent aider Eric à les vider dans le réservoir…. Pouhaaa… c’est le carnage, ils en mettent partout… Masim’s reluit de gasoil… On se marre malgré tout parce que la situation est cocasse : au nez de l’armée locale, on a éteint toutes les lumières du bord pour ne pas être repérés et les gars font des allers-retours entre leur bateau et Masim’s avec les bidons. Et voilou, à minuit, le plein est fait, le bateau nettoyé. Nous sommes prêts à lever l’ancre (demain matin) pour La Guadeloupe !

Finalement, Los Roques c’est pas si mal.

 

 

Semaine 11/2017 (12-19 Mars 2017): Transit

L’approche du canal de la Jamaïque est difficile : le vent pile en face, les courants très importants… Bref, le cap réalisé est tout moche. On s’approche des côtes de la Jamaïque et ça me permet au moins d’envoyer un message d’anniv’ à mon papounet chéri !

On parvient à sortir du canal, laborieusement et là, la mer devient très agitée : la houle est bien formée, nous avons 25 nœuds de vent établis, le bateau tape, n’avance pas beaucoup, les jours passent, l’équipage prend son rythme comme il peut, mais se fatigue assez vite. Cette semaine est assez épuisante sur le plan physique : nous limitons les mouvements et bouquinons, bouquinons, pêchons une minuscule coryphène et cousons le pavillon vénézuélien ! Fabriquer un drapeau à la main avec 25 nœuds de vent et une mer 5 (forte), je m’en souviendrai, surtout quand il faut coudre 16 petites étoiles dessus ! Mais il est prêt, nous pouvons arriver …

 

 

 

Semaine 10/2017 (6-12 Mars 2017): Cuba

Cuba

Je vous disais que Cienfuegos ressemblait à une de nos stations balnéaires européenne avec ce quelque chose en moins ou en plus que l’on ne parvient pas vraiment à définir. Ce que l’on ressent particulièrement bien c’est la juxtaposition de deux mondes qui se croisent mais ne partagent pas : les locaux et les touristes. Le gouvernement cubain a bien saisi que le touriste était une sacré source de richesses et un apport réel et stable de devises ! Les locaux mangent dans des restaurants pour locaux, ils vont dans des bars pour locaux et font leurs emplettes dans des magasins d’État (où nous sommes subjugués par l’absence de choix…, il n’y a rien !). Et tout est fait pour que le touriste ne fréquente pas ces sites, mais évidemment, techniquement parlant, rien ne l’en empêche ! C’est juste que l’on vous oriente toujours vers les coins à touristes où les tarifs sont loin d’être intéressant. Vous payer 2€ votre bière là ou le local paiera 20 centimes d’euros. Pour une pizza (identique) dans un resto pour touriste, vous déboursez 7€, alors que vous payez 50 centimes d’euros si vous faites comme le local. Une fois que vous avez compris tout ça, vous vous dites que la vie n’est finalement pas si chère à Cuba (ce qui est cohérent quand on sait que le salaire moyen est de 30€ et qu’un éboueur par exemple gagne 12€ par mois). Sauf que cette vie à deux vitesses fait naître en vous un sentiment désagréable : vous avez l’impression qu’à chaque coin de rue vous allez vous faire arnaquer, vous êtes suspicieux en permanence. A chaque fois que l’on sort le porte monnaie, on demande 4 fois le prix, on demande si ce sont des pesos convertible ou de la monnaie nationale… bref, on ne fait confiance à personne. Si bien qu’avec Eric quand on se retrouve avec l’équivalent d’1€ dans la poche, on n’en revient pas de tomber sur un petit troquet local où on arrive à manger du poulet frit et des galettas fritas (espèce de galettes sèches frites dans l’huile, je vous déconseille !).

Cette semaine Yamila nous quitte pour son pays-basque adoré et nous nous mettons les voiles pour la Guadeloupe. Nous rentrons en métropole pour régler quelques affaires.

Nous espérons revenir dans le coin !

A tous ceux qui hésitent : allez à Cuba. C’est dépaysant plus que toutes les autres îles des Antilles que nous avons visitées. Une fois passée l’impression d’être un porte-monnaie sur pattes, on s’y sent bien. En revanche, un vrai conseil : obligez vous à apprendre quelques mots d’espagnol avant d’arriver sur l’île car les cubains ne parlent pas un traître mot d’anglais et que, de fait, la communication s’avère quasi impossible si vous ne baragouinez pas 3 mots d’espagnol.

Nous quittons la baie de Cienfuegos en fin de journée et à la sortie du chenal, nous sommes accueillis par une bonne grosse houle et 30 nœuds de vent. Whaou, la nuit s’avère un peu longue. Le lendemain ça se calme jusqu’à ce que nous n’ayons plus une miette de vent…. Grrrr. Nous mettons le moteur jusqu’à Caballones où nous avons prévu de passer 2 nuits histoire de retourner sur le tombant magique où Jean et Eric ont réalisé une pêche miraculeuse il y a de ça 10 jours.

Le lendemain matin, nous voilà prêts pour aller harponner capitaines, pagres et autres poissons. Ça brasse un peu ce matin, on met l’annexe sur ancre, on s’équipe, l’eau est splendide, il y a 2 mètres de fond. Je plonge la première… oh un gros poisson …. Arghhhhhhhhhh 2 requins (de 2 mètres je pense) à 3 mètres de mois !!!!…. Je remonte dans l’annexe en catastrophe et Eric en fait de même sûrement plus effrayé par ma réaction que par les requins eux-mêmes. Et là, on voit débarquer un petit bateau avec 3 mecs à bord qui nous indiquent que nous n’avons pas le droit de pêcher dans le coin, que c’est une réserve… Ah bon … ben ça tombe bien, on n’a rien pêché et on rentre. Eric regrettera de ne finalement pas avoir pris le temps de plonger et d’admirer les fonds (et les requins) mais moi je ne regrette rien du tout.

Nous passons la journée à préparer le bateau pour la longue nav’ qui nous attend (900 nautiques au prés serré pour rejoindre Los Roques) et aussi à ramasser des lambis, tout n’est finalement pas perdu !

Le début de la nav est superbe : au prés serré certes, mais au bon cap ! Puis après Cabo Cruz, ça se dégrade.

 

 

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